Strasbourg et Bègles souhaitent expérimenter, sur le modèle allemand

4 min read

Alors que l’Allemagne autorise à partir du 1er avril la consommation et la culture de cannabis, où en est la France ? La maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, appelle également à la mise en place d’une « expérimentation » locale pour sortir d’une approche française répressive aux résultats « peu probants ».

« Sur un bassin de vie commun, nous allons avoir deux réglementations différentes, presque diamétralement opposées, entre l’Allemagne, autorisant la consommation récréative de cannabis, et la France, présentant l’une des législations les plus répressives d’Europe », plaide la maire dans un entretien à l’AFP.

Des « flux permanents » transitant entre les deux pays via Strasbourg

« Evidemment, ça interroge, et ça ne va pas manquer d’interroger la population », dit-elle, en insistant sur l’importance des « flux permanents » transitant entre les deux pays via Strasbourg, ville frontière dont le réseau de transports s’étend outre-Rhin et amène bien des usagers à s’y rendre quotidiennement, pour y travailler ou y faire leurs courses.

« Le fait qu’un pays européen comme l’Allemagne, attaché à l’ordre public et à la santé publique, décide de faire évoluer sa législation montre bien qu’une politique purement répressive ne lui a pas semblé satisfaisante ni efficace », poursuit Jeanne Barseghian. « A mon avis, ça doit nourrir une réflexion » sur les choix politiques français en la matière.

« Je ne veux pas que Bègles devienne le temple du cannabis »

La ville de Bègles, près de Bordeaux, a rappelé de son côté, vendredi, qu’elle « travaille depuis un an pour définir les contours d’une expérimentation locale de légalisation encadrée ». Le maire, écologiste aussi, Clément Rossignol-Puech présentera les conclusions de cette concertation mercredi 10 avril.

Cette proposition du maire de Bègles, qui avait été adressée par courrier à Emmanuel Macron au début de l’année 2023, s’appuie notamment sur un rapport du Cese (Conseil économique social et environnemental) qui a conclu à une légalisation encadrée.

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Elle est « motivée par plusieurs facteurs » indique la municipalité : « réduire les risques associés à la consommation en proposant des produits connus et des modes de consommation moins néfastes, accroître la prévention auprès de toute la population, lutter contre les trafics et violences associées, désengorger les tribunaux, mieux accompagner les usagers et réduire les consommations… »

« Il ne s’agit pas de proposer de la vente de cannabis en libre-service, ce serait réservé à un certain nombre de personnes choisies, avait précisé Clément Rossignol-Puech dans un entretien à 20 Minutes au mois de juin. Je ne veux pas que Bègles devienne le temple du cannabis où les touristes viennent fumer des joints, ce n’est pas du tout l’idée. »

« Approche prudente »

En Allemagne, les personnes résidant dans le pays depuis au moins six mois seront autorisées à cultiver chez elles jusqu’à trois plants pour leur usage propre, ou à se procurer jusqu’à 50 grammes de cannabis séché par mois auprès des nouveaux « Clubs de cannabis », associations à but non lucratif. La maire de Strasbourg souligne que ce sera « très encadré, beaucoup moins permissif que ce qu’on peut observer aux Pays-Bas. Ces clubs ne seront pas des lieux de consommation, il n’y aura pas de coffee-shop. »

Intéressée par cette « approche prudente », la mairie va « observer ce qui va se passer en Allemagne, ce que cette législation va générer en matière d’usages, de politique de sécurité, de baisse – ou pas – des trafics, de santé publique ».

Les chiffres de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies selon lequel 47,3 % des Français adultes disent avoir déjà consommé du cannabis, un chiffre plus élevé que dans n’importe quel autre pays de l’UE. La France compte 5 millions d’usagers de cannabis, selon l’Observatoire français des drogues.

You May Also Like

More From Author