Sur « Fortnite » et « Rocket League », des jeunes champions d’e-sport sacrés… mais jamais payés

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Lors d’une compétition de « Fortnite », à Katowice (Pologne), le 3 mars 2019.

« Je suis dans l’impasse. » Au téléphone, Céline Touret paraît presque résignée. Depuis plusieurs mois, la mère d’Axel Touret, pépite française du jeu vidéo Rocket League connue sous le pseudonyme « Vatira », se démène pour récupérer les prix remportés par son fils lors de tournois d’e-sport. L’éditeur Epic Games lui doit, selon ses dires, « un peu plus de 130 000 dollars » (120 000 euros) pour des compétitions remontant jusqu’en 2021.

La situation de son fils n’est pas unique. Les sommes et les retards varient d’un joueur à l’autre mais, ces dernières semaines, des dizaines de professionnels et amateurs de Fortnite et Rocket League ont exprimé sur les réseaux sociaux leur ras-le-bol collectif vis-à-vis des délais de paiement d’Epic Games.

C’est Jérôme Coupez qui, au début du mois de mars, a lancé la fronde sur le réseau social X. « Si vous êtes un joueur de Rocket League ou de Fortnite avec des cash prizes non payés par Epic, envoyez-moi un message avec un récapitulatif clair, écrit le fondateur et patron de Prodigy Agency, une agence de joueurs professionnels d’e-sport. Préparons une action globale en plus de la base joueur par joueur, nous aurons une voix plus forte. » Au Monde, il assure avoir reçu des centaines de témoignages en seulement quelques jours.

« Je ne m’attends plus trop à rien »

Mathieu, alias « Grimoiiree », figure parmi les concernés. Joueur passionné de Fortnite depuis plusieurs années, il a gagné plus d’un millier de dollars dans divers tournois en 2022 et 2023. Sans jamais en voir la couleur. « Au début, je surveillais tout le temps mon compte PayPal, raconte ce Français de 17 ans. Mais ça fait tellement longtemps que j’attends que je ne m’attends plus trop à rien. »

Comme d’autres joueurs dans son cas, il suppose que son âge complique le processus de rémunération, mais il reste persuadé d’avoir tout fait dans les règles. Surtout, l’adolescent en veut à l’entreprise de ne pas l’informer correctement. Régulièrement, il contacte par écrit l’assistance d’Epic Games sur son site officiel mais ne parvient pas à obtenir de réponse satisfaisante. « J’ai fait onze demandes au total, relève Mathieu. Et parfois, on ferme ma demande sans même me répondre. »

Céline Touret connaît bien, elle aussi, ces échanges impossibles. Décalage horaire avec la Californie oblige, elle se connecte le soir et veille parfois jusqu’à une heure du matin pour espérer avoir des nouvelles des prix de son fils et demander qu’on lui fournisse des documents obligatoires. « Sauf qu’au bout d’un moment, la conversation se clôture, ce qui oblige à relancer une conversation d’assistance et à retomber sur d’autres interlocuteurs pour reprendre le problème à zéro », soupire-t-elle.

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