Survol des propositions intéressantes en arts visuels pour 2024

Manif d’art 11

La latence, la pause, l’introspection, ces « forces du sommeil » qui bousculent nos modes de vie composent la thématique de la onzième édition de la Manif d’art, la biennale de Québec (du Québec, tellement elle a pris de l’importance). Une édition alléchante qui compte de grands noms parmi une soixantaine d’artistes (Francis Alÿs, Kapwani Kiwanga, Liz Magor, François Morelli) et pour laquelle l’événement hivernal a rebrassé ses cartes et pris de l’expansion. Finie, sa présence au Musée national des beaux-arts du Québec ; l’exposition centrale revient à l’Espace Quatre Cents. La Manif atterrira dans les habituels centres d’artistes de Québec, mais aussi, pour la première fois, dans les musées de Baie-Saint-Paul et de Joliette. « Les expositions sont des situations d’éveil, écrit la commissaire invitée, la Parisienne Marie Muracciole. Les processus artistiques […] encouragent la recomposition de nos perceptions, de nos certitudes et des hiérarchies qui nous gouvernent. ». À l’affiche du 23 février au 28 avril. 

Dans ce même esprit de résistance politique liée au repos, la Galerie de l’UQAM propose une exposition toute anglo-saxonne (six artistes et une commissaire du Canada, des États-Unis et d’Angleterre). De la vie au lit, du 23 février au 6 avril.

Déménagements 

Chaque saison apporte des changements d’adresse. Parmi les galeries qui déménagent figure la petite Offsite du toujours surprenant Eli Kerr. « La galerie est résolument francophone puisque sept des neuf artistes sont de langue maternelle française », soutient celui qui est lui-même anglophone. Offsite, désormais rebaptisée Galerie Eli Kerr, quitte l’avenue du Parc pour un espace cinq fois plus grand sur le boulevard Saint-Laurent, au nord de l’avenue du Mont-Royal. L’exposition inaugurale, prévue le 29 février, réunira l’ensemble des artistes de la galerie (dont Valérie Blass, Anthony Burnham, Joyce Joumaa et Jean-François Lauda).

Après dix ans dans le Vieux-Montréal, la galerie Nicolas Robert réapparaîtra, elle aussi, sur le boulevard Saint-Laurent, dans les mêmes environs qu’Offsite. Avec la même raison : un local plus vaste, propice à programmer plusieurs expositions simultanées. La teneur de sa nouvelle vie sera annoncée plus tard, mais devrait s’amorcer en mars.

Vingt ans et plus

 

À défaut des musées d’art contemporain qui offrent de grandes expositions aux artistes du Québec, des diffuseurs d’une autre nature, et avec des moyens financiers et des espaces physiques plus petits, le font. Le centre Expression de Saint-Hyacinthe présentera ainsi un bilan de la pratique de Kim Waldron amorcée il y a vingt ans. Une pratique photographique axée dans l’autofiction où elle incarne une diversité de rôles et métiers et explore le tissu social du monde. Celle qui est allée jusqu’en Chine a même fait d’elle une corporation. À l’affiche du 20 janvier au 21 avril. 

À Projet Casa, deux carrières de 30 ans seront honorées. Le diffuseur privé commence sa saison avec Les ordalies du peintre Rafael Sottolichio (du 17 au 28 janvier), dont on a presque oublié qu’il avait une pratique d’atelier tant il produit des murales urbaines, et la finira avec le sculpteur Michael A. Robinson, dont les assemblages d’objets jouent sur les limites de l’équilibre, en présentant une rétrospective, du 28 mars au 21 avril.

Transmettre

 

Le soutien à la relève, le passage de témoin, la transmission de savoirs, tout cela se manifeste cet hiver sous plus d’une forme. Déjà bien établi, Moridja Kitenge Banza a été invité par Hugues Charbonneau à jouer les mentors. La saison s’ouvre avec les oeuvres de deux artistes de Montréal à découvrir. Marie-Danielle Duval, d’origine sénégalaise, puise dans la littérature et la tradition orale pour peindre des personnages et Farzaneh Rezaei, né en Iran, dessine son quotidien et sa vie de nomade.  À la galerie Hugues Charbonneau, du 18 janvier au 24 février.

La Maison des arts de Laval propose l’exposition Passeurs Passeuses réunissant Denis Rousseau et six artistes qui l’ont eu comme professeur tel qu’Helena Martin Franco, Karine Payette ou Jean-Jacques Ringuette. Ces artistes ont, à leur tour, invité six de leurs étudiants. 

Art et davantage

 

Le mélange des disciplines ne surprend plus, mais parvient encore à créer de l’inusité. La Galerie de l’Université de Montréal, sur sa lancée scientifique de l’automne, propose une incursion dans une chaire de recherche sur la maternité. Quatre artistes (Heidi Barkun, Caroline Boileau, Kimberley de Jong, Hermione Wiltshire) livrent le résultat, en sculpture, installation, dessin, vidéo et performance, de trois ans de résidence. Pilotée par la commissaire Marianne Cloutier, l’exposition Les engendrements « explore les mythes relatifs à la maternité et les émotions contradictoires qui émergent au cours de ce processus complexe d’engendrement de la vie ». Du 19 janvier au 6 avril.

Le Centre de design de l’UQAM (du 21 février au 14 avril,) et Vox, centre de l’image contemporaine (du 22 février au 4 juin) s’unissent pour relever la typographie comme une discipline expérimentale, portée à renouveler les normes de lisibilité. Des artistes conceptuels, des designers et un volet jeunesse sur le thème l’alphabet composent TYPO + ART | ART + TYPE, un programme concocté par Angela Grauerholz et Robert Fones.

Le centre Artexte, riche en archives, a inspiré deux commissaires. Pour l’exposition Artlétisme (du 19 janvier au 30 mars), Didier Morelli a fouillé ce qui lie les artistes au sport, alors que Manon Tourigny, directrice du centre, explore la nourriture et en particulier les livres de recettes dans Mettre la table, présenté du 19 avril au 23 juin.

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