Sven Vincke affirme que Larian Studios ne cèdera pas aux sirènes des abonnements – Actu

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S’il ne remet pas en question le bien-fondé des autres studios à distribuer leurs jeux en passant par un abonnement, c’est avec l’assurance de quelqu’un qui surfe sur un immense succès critique et commercial que Swen Vincke campe sur ses positions : des jeux Larian Studios dans un abonnement ? C’est pas demain la veille. Et pour cause, le fondateur et PDG du studio ne souhaite pas participer à la croissance d’une méthode de distribution qui, selon lui, pourrait causer des dégâts sur l’ensemble de l’industrie si elle venait à prendre trop d’importance par rapport au modèle traditionnel. Une réflexion qu’il partage dans une série de messages sur son compte X.

« Quel que soit l’avenir des jeux, le contenu sera toujours roi. Mais il sera beaucoup plus difficile d’obtenir un bon contenu si l’abonnement devient le modèle dominant et qu’un groupe restreint décide de ce qui sera mis sur le marché ou non. La voie à suivre est celle qui relie directement les développeurs et les joueurs.

Obtenir l’accord d’un conseil d’administration pour un projet alimenté par l’idéalisme est presque impossible et l’idéalisme a besoin d’espace pour exister, même s’il peut conduire à un désastre. Les modèles d’abonnement finiront toujours par être des exercices d’analyse coûts/bénéfices destinés à maximiser les profits.

Il n’y a rien de mal à cela, mais il ne faudrait pas en arriver à un monopole des services d’abonnement. Nous sommes déjà tous dépendants d’un groupe restreint de plateformes de distribution numérique et la découvrabilité est brutale. Si ces plateformes passent toutes à l’abonnement, la situation le sera encore plus.

Dans un tel monde, par définition, la préférence du service d’abonnement déterminera les jeux qui seront produits. Croyez-moi, ce n’est vraiment pas ce que vous voulez.

TLDR ; vous ne trouverez pas nos jeux sur un service d’abonnement même si je respecte le fait que pour de nombreux développeurs, cela représente une opportunité de créer leur jeu. Cela ne me pose pas de problème. Je veux juste m’assurer que l’autre écosystème ne meurt pas parce qu’il est précieux. »

Et voilà, à force de jouer les chevaliers blancs...
Et voilà, à force de jouer les chevaliers blancs…

« L’alarmisme sur ce sujet est plutôt inutile »

Si Swen Vincke s’exprime ainsi sur les abonnements en affichant une posture militante, c’est en réaction à une récente déclaration de Philippe Tremblay, directeur des abonnements chez Ubisoft, qui a récemment fait les gros titres de la presse en estimant que « les joueurs vont devoir s’habituer à ne pas posséder les jeux auxquels ils jouent » dans la perspective du développement des abonnements.

Désormais bien ancrée dans les habitudes des joueurs, et même de tous les consommateurs au sens large, la méthode de distribution par abonnement est incarnée par des offres aussi généreuses en jeux que le PlayStation Plus, le Xbox Game Pass ou encore l’Apple Arcade, sans parler des offres propres aux éditeurs (Ubisoft+, EA Play) et aux spécialistes de la vidéo qui se prennent au jeu (Netflix, Crunchyroll). Malgré la prolifération de l’abonnement, ce dernier se bat comme les autres pour une seule et même ressource qui n’est pas extensible à l’infini, à savoir le temps des joueurs.

Mat Piscatella de Circana profite de la discussion pour s’engouffrer dans la brèche. Selon les observations récentes du cabinet d’étude de marché américain, les abonnements montrent des signes de fatigue depuis déjà pas mal de temps. Pour lui, les abonnements ne sont pas de nature à cannibaliser et mettre en péril le modèle traditionnel. « La croissance des abonnements s’est stabilisée, et les services d’abonnement sur consoles et PC ne représentent que 10 % du total des dépenses de contenu des jeux vidéo aux États-Unis. Je comprends que certaines personnes veuillent protéger leur modèle préféré, mais l’idée que les abonnements deviendront dominants n’est étayée par aucune donnée. Les abonnements se sont ajoutés au marché plus qu’ils ne l’ont cannibalisé, et ils offrent aux joueurs, aux développeurs et aux éditeurs plus de choix dans la manière de jouer ou de se lancer sur le marché. L’alarmisme sur ce sujet est plutôt inutile », juge-t-il.

Sur le sujet de la croissance des abonnements, on rappelle que Sony a décidé de ne plus communiquer le nombre d’abonnés PlayStation Plus tous les trois mois comme il le faisait jusqu’ici et que Microsoft n’a plus mis à jour le nombre d’abonnés Game Pass depuis les 25 millions annoncés en janvier 2022, même si le constructeur a fait état d’une croissance du nombre d’abonnés à chaque présentation de ses résultats trimestriels. Des documents internes dévoilés par accident ont montré que Microsoft rêve de dépasser les 100 millions d’abonnés d’ici 2030.

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