Test The Cub – Un Planet of Lana-like charmant mais qui manque d’ambition

8 min read

Initialement présenté lors du Tribecca Games Festival en 2022, présentation nous ayant permis de nous y essayer durant une courte démo, The Cub a de quoi attirer les amateurs d’expériences vidéoludiques basées sur la narration, à la durée de vie courte mais aux graphismes soignés. Le titre est développé par Demagog Studio, parents d’Highwater disponible sur Netflix et Golf Club: Wasteland, deux productions présentes dans le même univers que The Cub, et est édité par Untold Tales.

Nous vous rassurons tout de suite : il n’est pas nécessaire d’avoir joué à ces deux itérations pour comprendre et vivre pleinement l’expérience proposée par The Cub. Alors que le jeu sort ce 19 janvier prochain sur PC, PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series X/S et Nintendo Switch, il est grand temps pour nous de vous livrer notre verdict après avoir complété l’épopée.

Conditions de test : Nous avons arpenté les terres désolées de notre chère planète abandonnée durant 4h, le temps nécessaire pour terminer le jeu et de refaire plusieurs chapitres pour ramasser les derniers collectibles manquants à notre collection, le tout sur PlayStation 5.

The Cub, au moins, c’est carré

The cub screenshots 3 1

Pour vous narrer simplement l’histoire de The Cub, nous vous indiquerons simplement que vous incarnez un petit garçon, resté sur Terre, seul, après la fuite d’une partie des habitants de la Terre (les Ultra-riches) suite à un cataclysme écologique. Recueilli par une meute de loups tel Mowgli dans Le Livre de la Jungle, ce petit garçon – ce Louveteau – sera jusqu’à preuve du contraire, le dernier être humain vivant sur la Terre, des guerres, affrontements et autres famines ayant décimé le reste de la population mondiale.

C’est dans cette atmosphère lourde que le jeune garçon découvre, plusieurs années plus tard, la présence de congénères, revenus de la planète Mars désormais colonisée (notamment via sa ville dôme gigantesque qu’est Tesla City). Parvenant à se saisir d’un scaphandre d’un des membres de l’équipage, le jeune homme peut désormais réapprendre le langage humain en écoutant la radio émettant de la planète rouge censée divertir les revenants. Grâce à ce casque, l’aventure sera ainsi rythmée de titres bien choisis, souvent rythmés, entrecoupés de conversations et autres émissions radiophoniques.

Votre but ultime étant d’empêcher la recolonisation de la Terre par l’Homme ne parvenant pas à garder un habitat décent quelque soit l’endroit où il habite, vous allez devoir à la fois fuir et faire fuir les envahisseurs venant de l’espace dans une multitude de niveaux (9 au total) alternant phases de plateforme, fuites ou courses-poursuites et autres séquences narratives, les chercheurs poursuivant le jeune homme voulant comprendre les raisons de son immunité à l’atmosphère devenue hostile de la Terre mais aussi tenter d’éradiquer cette « erreur » de la nature.

Ne vous attendez pas à un jeu long, bien au contraire, puisque la production signée Demagog Studio ne vous tiendra en jeu que moins de 3h en ligne droite, si vous ne mourrez pas souvent, nous y reviendrons. The Cub regorgeant de collectibles en tout genre (enregistrements audios, vidéos, journaux ou livres par exemple), il ne sera pas impossible que vous en loupiez en route, vous forçant à rejouer des chapitres aléatoirement, le jeu n’indiquant pas dans lesquels les objets manquants se trouvent, menant notre partie en un total de près de 4h de jeu, ce qui est très court, même pour une expérience indépendante comme celle-ci.

En effet, nous nous serions davantage imprégnés de l’univers, des conditions de vie du jeune homme et de sa meute, ainsi que des « revenants » pour certains au background travaillé et exposé brillamment, dans une œuvre d’une durée rallongée s’approchant d’un Planet of Lana, qui était finalement bien trop court lui aussi, ou des bien connus Little Nightmares. Ces références ne sont bien entendu pas choisies au hasard, The Cub parvenant à nous proposer un mix de ces propositions à succès, tout en proposant quelques originalités au niveau de son propos.

La prise de risque mesurée

The cub screenshots 5 2

Le gameplay de The Cub est des plus simples. Le jeu profitant d’un défilement horizontal et d’une mise en scène en 2.5D, vous progresserez aisément dans les décors en utilisant le joystick de la manette de gauche à droite, une touche pour le saut ou le double-saut (appuyer sur cette touche vous permettra aussi de vous hisser sur les petites mais très nombreuses corniches, ce qui n’est pas très agréable à la longue il faut l’avouer), une touche pour glisser en courant, une autre pour interagir avec le décor ou des objets et enfin la gâchette pouvant vous servir afin de pousser ou tirer des objets, et c’est tout. Un ensemble de contrôles et d’environnements qui nous font d’ailleurs penser à des titres des années 90 façon NES/Mega Drive comme Le Roi Lion, Aladdin ou encore Le Livre de la Jungle (tiens, tiens), des inspirations assumées.

Nul doute que vous pourrez parfaitement maîtriser les contrôles de cette production qui ne prend aucun risque de ce point de vue, et nous avons pu constater que ce n’est pas le seul aspect sur lequel la production se fait timide. En effet, nous avons été quelque peu déçus de la proposition des séquences proposées, nécessitant pour la moitié au moins de fuir des scientifiques à notre poursuite, avec des sauts, esquives, glissades bien timées, mais ne nous permettant pas de profiter des somptueux décors présentés.

Et des ennemis, vous allez en rencontrer souvent, et pas forcément sous la forme que l’on pourrait croire, car même si la nature a repris ses droits et vous accepte en grande majorité comme un être à part entière de son écosystème, il faudra être vigilant à chaque instant pour par exemple éviter ce corbeau voulant vous attaquer, mais aussi ces limaces vous lançant des piques, ces fleurs électrifiées etc., tant de dangers qui vous feront mourir et mourir inlassablement par moments, rendant le jeu très proche du die & retry, un trophée se déclenchant même si vous mourrez d’au moins dix façons différentes (ne demandez pas comment nous l’avons su). L’environnement ne sera pas votre seul ennemi puisque les chercheurs vous pourchasseront donc, tantôt depuis les airs, tantôt sur la terre ferme, alors soyez sur vos gardes.

Un reproche découle de cette constatation, nous avons trouvé que le jeu manquait de séquences plus posées, plus contemplatives, alors même que la colorimétrie, les paysages et autres idées de décors aux troisième et quatrième plans étaient riches, vivants et variés, faisant clairement penser à une production d’animation. Reproche qui s’amenuise toutefois en toute fin de jeu, avec une séquence davantage narrative mais qui ne va pas assez au fond des choses, surtout concernant la relation de notre personnage avec ceux qui l’entourent, ennemis et alliés.

Saluons toutefois les prises de position claires et bien amenées des équipes de développement sur notre propre destinée, nos choix en tant que peuple Humain peuplant la Terre depuis des dizaines de milliers d’années et ayant faire courir notre chère maison bleue à la catastrophe, allant même jusqu’à se moquer gentiment de l’afflux intense de productions fantasmant la fin du monde et des univers post-apocalyptiques rendant ceux-ci presque « enviables ». Rajoutons à cela les multiples parodies cinématographiques, les relations avec les livres classiques et des journaux aux titres aussi improbables qu’apeurant quand l’on voit les évolutions technologiques d’aujourd’hui, et que l’on aurait pu croire impossibles il y a de cela même deux ou trois décennies.

Car l’art, au sens très large du terme, est au coeur de la production du jeune studio serbe (le studio n’ayant été formé qu’en 2017). Par sa musique notamment, avec la multitude de morceaux aux rythmes différents, mais toujours entraînants, qui comblent et rythment admirablement notre épopée, mais aussi par la présence de fantastiques panoramas, à la direction artistique très travaillée et aux couleurs chatoyantes malgré la dureté des événements qui s’y déroulent, The Cub proposant par ailleurs un mode cinématique pouvant ajouter des bandes noires du plus bel effet, renforçant la sensation d’être dans un film d’animation. Concernant l’aspect technique, aucun ralentissement ne fut au programme sur PlayStation 5, mais notez que la DualSense n’est pas tant que cela prise en charge pour votre expérience. Nous avons eu affaire à un seul bug nous ayant forcé à relancer une partie, notre caméra nous ayant fait faux bond.

You May Also Like

More From Author