« The Beekeeper » : Un Statham tout sucre, tout miel

Tout le monde a déjà été victime au moins une fois d’une tentative d’hameçonnage en ligne. Une fenêtre apparaît soudainement en nous enjoignant de cliquer ici ou de composer tel numéro de toute urgence… Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables face à ces fraudeurs aux méthodes de plus en plus redoutables. Des fraudeurs qui, grâce à divers écrans de fumée virtuels, paient rarement pour les vies qu’ils ruinent. C’est pourquoi il y a quelque chose de viscéralement satisfaisant dans The Beekeeper (Le gardien), un film d’action dans lequel l’une des figures emblématiques dudit genre, Jason Statham, fait regretter leurs crimes à de tels bandits.

Arborant son air impénétrable habituel, la star incarne Adam Clay, un apiculteur misanthrope qui est en réalité un ex-agent ultrasecret. Inoffensif en apparence, redoutable en réalité : tout sucre, tout miel, pour reprendre une expression de circonstances.

Après que sa bienfaitrice et seule amie eut tout perdu aux mains d’escrocs du Web, Clay décide de retrouver, et de châtier, les coupables.

Avant d’aller plus loin, il convient de préciser quelque chose. À savoir qu’un film d’action qui met en vedette Jason Statham de nos jours, c’est un peu l’équivalent d’un film d’action mettant en vedette Arnold Schwarzenegger ou Sylvester Stallone dans les années 1980 : on ne le regarde pas pour ses subtilités narratives, mais bien pour la dose d’adrénaline qu’il procure.

Comme ses illustres prédécesseurs, Jason Statham possède quelques caractéristiques bien à lui qu’on aime retrouver d’une production à l’autre. Dans son cas, ce sont les combats hyperrythmés et complexes, majoritairement à mains nues, et tributaires d’années et d’années d’entraînement en arts martiaux.

Quoi qu’il en soit, et pour clore cette longue entrée en matière, le public qui a suivi l’acteur de Transporter (Le transporteur) à Operation Fortune: Ruse de guerre (Opération Fortune. Ruse de guerre), en passant par Crank (Crinqué), The Mechanic (Le mécano) et Safe (Saine et sauve), sait exactement ce qu’il espère trouver dans chaque nouveau film. Sur ce plan, The Beekeeper ne déçoit pas, loin de là.

En fait, dans cette niche précise, ce film-ci est l’un des plus efficaces et des plus divertissants de l’acteur.

Séquences haletantes

Certes, les prouesses physiques et le charisme du principal intéressé y sont pour quelque chose, mais la réalisation énergique et imaginative de David Ayer y contribue également. 

Spécialiste d’un type à la fois désenchanté et robuste de drames policiers après avoir scénarisé Training Day (Jour de formation) et Dark Blue (Bleu sombre), Ayer a réalisé de petites et de grosses productions dans ce registre, comme End of Watch (La force de l’ordre) et Bright. Quoique son meilleur film demeure sans doute le drame de guerre Fury

En somme, Ayer a tout le métier requis pour concevoir et découper des scènes d’action haletantes. Il a en outre un bon oeil pour les compositions, aidé en cela par l’excellent directeur photo Gabriel Beristain (Dolores Claiborne, Black Widow). Côté lookThe Beekeeper arrive au-dessus de la moyenne (lire notre entrevue où le réalisateur entre dans les détails techniques).

Bref, les amateurs apprécieront les péripéties toujours aussi explosives de Jason Statham. Les autres préféreront sans doute boire une tasse d’eau chaude. Avec du miel.

Le gardien (V.F. de The Beekeeper)

★★★ 1/2

Thriller d’action de David Ayer. Avec Jason Statham, Emmy Raver-Lampman, Josh Hutcherson, Bobby Naderi, Jeremy Irons, Jemma Redgrave, Minnie Driver. États-Unis, 2023, 105 minutes. En salle.

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