Tops des Meilleures Séries 2023

15 min read

Quelles sont les meilleures séries de l’année 2023 ? Le final de Succession, The BearSiloLa Diplomate sur NetflixOn fait le bilan.

En 2022, l’équipe d’Ecran Large avait voyagé, pleuré, cuisiné, volé, tremblé avec House of the Dragon, Severance, Primal, Station Eleven, Oussekine, Pachinko... élues parmi les meilleures séries de 2022.

En 2023, la ration de séries a été tout aussi passionnante, avec d’immenses bunkers, des conflits politiques, des pratiques chirurgicales, des meurtres et des rires aussi nerveux qu’heureux. Voici donc une sélection de 10 coups de cœur de la rédaction sans ordre précis (eh oui on n’a pas mis The Last of Us car c’était un peu trop évident).

LES 10 PIRES SERIES DE 2023 POUR NOUS : c’est par ici. 

 

The Last of Us a failli être dans le top 10… 

photo vidéo

 

Silo

  • Diffusée sur Apple TV+
  • 1 saison, 10 épisodes d’environ 50 minutes

 

Silo : critique SiloEt un très beau casting

 

De quoi ça parle ? Dans le futur, sur une planète devenue inhabitable, les survivants vivent sous terre dans un silo géant où la société est très organisée. Mais plusieurs personnes commencent à soupçonner que les dirigeants cachent la réalité à l’extérieur…

Pourquoi ça mérite le détour ? Parce que Silo est un irrésistible cocktail dans le genre : un décor fascinant (un gigantesque labyrinthe souterrain), une héroïne charismatique (incarnée par l’excellente Rebecca Ferguson), une enquête solide (des morts, des indices, beaucoup de secrets), et une mythologie excitante (que s’est-il pour que la Terre soit inhabitable ?… est-elle vraiment inhabitable ?).

Cette dystopie a été imaginée par l’écrivain Hugh Howey, dont les livres ont un temps failli être transformés en film avec Ridley Scott. Silo est finalement devenu une série, supervisée par Graham Yost (scénariste de Speed et Pluie d’enfer passé sur les séries Justified et Band of Brothers), et c’est sûrement une sage décision vu la richesse de l’univers. La saison 1 a certes quelques passages à vide, mais entre le premier épisode qui fait office de prologue et la conclusion excitante, le voyage vaut certainement le détour. Vivement la saison 2 de Silo.

Notre critique de Silo saison 1

 

Profession : reporter

  • Diffusée sur Arte
  • 1 saison, 6 épisodes d’environ 50 minutes

 

Profession : reporter : photo, Anna Torv, Sam ReidAnna Torv était aussi dans The Last of Us en 2023

 

De quoi ça parle ? En Australie, dans les années 80, les coulisses d’un journal télévisé autour de sa présentatrice-star Helen Norville et du reporter débutant Dale Jennings.

Pourquoi c’est à ne pas manquer ? Oui, on est en retard puisque Profession : Reporter (The Newsreader) a déjà deux saisons depuis 2021 (et une saison 3 en 2024), mais la saison 1 est seulement arrivée en France en février 2023, pour enfin être célébrée (légalement). Peu importe puisque l’attente en valait la peine pour cette petite soeur de The Newsroom, la série d’Aaron Sorkin.

Créée par Michael Lucas, Profession : Reporter joue sur deux tableaux : la pure fiction avec les histoires sentimentales, les batailles intimes et les stratégies politiques au sein de la rédaction, et la réalité des années 80 (Tchernobyl, l’affaire Chamberlain). Comme dans The Newsroom, le mélange est détonant et malin, et apporte à la série une dimension extrêmement moderne. C’est d’autant plus réussi que l’histoire de Dale est éminemment politique, que l’écriture est particulièrement intelligente et que le duo Anna Torv-Sam Reid est fantastique.

 

LA DIPLOMATE

  • Diffusée sur Netflix
  • 1 saison, 8 épisodes de 50 minutes

 

La Diplomate : photo, Keri RussellQueen Keri

 

De quoi ça parle ? Femme de terrain, Kate Wyler est nommée ambassadrice des États-Unis au Royaume-Uni, et se retrouve malgré elle embarquée dans un nouveau terrain de jeu où elle devra adapter ses méthodes à ses nouveaux amis et ennemis.

Pourquoi c’était une des meilleures surprises de l’année ? D’abord pour une raison : Keri Russell. Quatre ans après la fin de The Americans, l’actrice retrouve un rôle féroce et passionnant, avec une pointe de légèreté cette fois puisque La Diplomate joue la carte du poisson hors de l’eau. Cette héroïne a beau être intelligente, expérimentée et coriace, elle n’est a priori pas taillée pour le rôle de politicienne, et le choc des cultures est désopilant.

Mais la série créée par Déborah Cahn (passée sur Homeland et À la Maison-Blanche) ne s’en contente pas. Il y a aussi le couple légèrement tordu et donc fascinant au coeur de l’histoire, avec l’excellent Rufus Sewell pour donner la réplique à Keri Russell. Puis une intrigue politique-complot-enquête qui s’ajoute et s’accélère dans la dernière ligne droite. De quoi faire de La Diplomate un divertissement plus malin que prévu, et qui donne définitivement envie de voir la suite.

Notre critique de La Diplomate saison 1

 

The Bear (Saison 2)

  • Diffusée sur Disney+
  • 2 saisons, 8-10 épisodes de 30 minutes

 

The Bear : Jeremy Allen White, Ayo EdebiriVoilà pourquoi vous voyez Jeremy Allen White et Ayo Edebiri partout (et c’est mérité)

 

De quoi ça parle ? Carmy Berzatto, Sydney Adamu et Richie Jerimovich décident de rénover leur sandwicherie pour en faire un nouveau restaurant. Mais les travaux sont aussi compliqués que l’introspection de chacun d’entre eux.

Pourquoi ça confirme la naissance d’une grande série ? Succès surprise de 2022, The Bear a dépeint le monde de la cuisine avec toute la passion et la tension qui régit le milieu. Formellement affirmée et brillamment écrite, la série de Christopher Storer a posé des bases solides pour les transcender avec sa saison 2. Face au compte à rebours que représente la réouverture du restaurant familial, la quête existentielle de Carmy (Jeremy Allen White) se lie à des sous-intrigues incroyables (les épisodes centrés sur Marcus et Richie font partie des meilleurs de la série).

Derrière la satisfaction de voir la cuisine redevenir ce symbole de partage, Storer façonne un incroyable calme avant la tempête, une saison de l’écoute touchante et réconfortante, avant que l’épisode 6 (Les Poissons) ne vienne tout chambouler. Par ce flashback tétanisant de stress, on se met à comprendre tous les mécanismes de défense de Carmy et de sa famille face à la toxicité des autres. De quoi rendre cette auscultation des traumas encore plus virtuose et prenante.

Notre critique de The Bear saison 2

 

Scott Pilgrim prend son envol

  • Diffusée sur Netflix
  • 1 saison, 8 épisodes de 25 minutes

 

Scott Pilgrim : photoDéjà-vu (mais pas vraiment…)

 

De quoi ça parle ? Après avoir rencontré Ramona, la femme de ses rêves (littéralement), Scott Pilgrim doit combattre la ligue de ses 7 ex maléfiques.

Pourquoi c’est un retour idéal ? Sur le papier, le retour de Scott Pilgrim en série animée – qui plus est dans le style de la BD d’origine de Bryan Lee O’Malley – suffisait à promettre un bonbon sucré jouissif. Ajoutez à ça la présence d’Edgar Wright à la production, et de tout le casting de son film pour le doublage, et c’était la fête assurée.

Bien sûr, l’énergie communicative se ressent dès que Michael Cera interagit de nouveau avec Mary Elizabeth Winstead, mais Scott Pilgrim prend son envol va beaucoup plus loin. Bryan Lee O’Malley a mûri, et bouleverse la structure en niveaux de son comics pour en faire une série d’enquêtes. Cette fois, les erreurs du passé ont la possibilité d’être corrigées, et chaque personnage a le temps d’explorer ses failles et ses regrets. Aussi drôle que touchante, cette réécriture inattendue retourne comme un gant le spectateur fan comme le néophyte, et s’impose au passage comme l’une des plus belles réflexions récentes sur l’amour et la crainte de sa fin.

 

Jury Duty

  • Diffusée sur Amazon Prime Video
  • 1 saison, 8 épisodes de 30 minutes

 

Jury Duty : photo, Ronald Gladden, Edy Modica, James Marsden, Ishmel Sahid, Mekki Leeper, David Brown, Cassandra Blair, MariaCette photo contient une personne transhumaniste

 

De quoi ça parle ? Des délibérations d’un jury populaire. Tous ses membres sont des personnages hauts en couleur, à l’exception de Ronald. Et pour cause : il est la seule personne persuadée d’assister à un vrai procès.

Pourquoi c’est un petit miracle ? Sortie un peu de nulle part et créée par l’un des scénaristes de The Office, Lee Eisenberg, Jury Duty est très vite devenue un énorme succès d’estime, en partie peut-être parce qu’il s’agit d’un des pranks les plus élaborés et les plus feel-good jamais filmés. Les équipes sont allées jusqu’à simuler un procès d’ampleur pour piéger leur victime… vite reconvertie en héros.

Tout aurait pu s’écrouler en quelques minutes et d’ailleurs au début, on a du mal à y croire. Mais peu à peu, ce mélange adroit entre sitcom malaisante et télé-réalité prend par les sentiments, et ce grâce au fameux Ronald, sélectionné en amont par la production et absolument parfait de bout en bout. Grâce à lui, au travail des autres comédiens (dont un James Marsden ravi de s’auto-parodier) et à l’inventivité des auteurs de cette gigantesque blague, se dessine peu à peu une mécanique de l’altruisme qui a sérieusement mis à l’épreuve notre misanthropie.

Depuis ce succès, Ronald Gladden a signé un contrat avec Amazon MGM Studios pour produire, développer et jouer dans de prochaines oeuvres. Pas certain que les exécutifs parviennent à retrouver son incroyable spontanéité, qui rend la série si attachante. Mais s’il y a bien un jeu espoir qui mérite une carrière, c’est lui.

Notre critique de Jury Duty

 

Swarm

  • Diffusée sur Amazon Prime Video
  • 1 saison, 7 épisodes de 30 minutes

 

Swarm : photo, Dominique FishbackChiant quand ça arrive

 

De quoi ça parle ? Des aventures de Dre, fan hardcore d’une star de la pop qui va emmener sa passion dans des extrêmes peu reluisants.

Pourquoi c’est étonnant ? “Ceci n’est pas une oeuvre de fiction. Toute similarité avec des personnes réelles mortes ou vivantes, ou de vrais évènements, est intentionnelle”, souligne un carton au début de quasi chaque épisode. Sauf que la série de Donald Glover (qu’on ne présente plus) et Janine Nabers (Atlanta) est bien fictionnelle. Le duo s’amuse en fait de la zone floue qui délimite leurs inspirations du fantasme, situant les pérégrinations meurtrières de la jeune Dre sur un terrain glissant particulièrement adapté à leur sujet : les communautés de fans.

Si la trajectoire de cette anti-héroïne est une pure invention, Swarm fait évidemment référence à Beyonce et à ses admirateurs, explicitement pastichés dans les 7 épisodes. Et en profite pour tailler un costard à un fanatisme de masse surboosté par les réseaux sociaux, sorte de dérive contemporaine ultime du star-system, dont la pop star et son alter ego Ni’Jah sont parmi les épicentres les plus évocateurs.

Ce qui l’intéresse surtout, c’est le gouffre qui sépare le rêve pétri de gloss et de paillettes et une réalité dont se détachent de plus en plus les victimes (ou bourreaux) du culte. Grâce à une forme minimaliste et à un humour noir subtil, la série balaie les faces les plus sombres du phénomène, à la lisière de l’imagination et du réel. Et fait exploser le talent brut de Dominique Fishback, également à l’affiche de Transformers: Rise of the Beasts. Un grand écart que même Beyonce n’aurait pas tenté.

Notre critique de Swarm

 

Faux-Semblants

  • Diffusée sur Amazon Prime Video
  • 1 saison, 6 épisodes de 1h

 

Dead Ringers : Photo Rachel WeiszWeisz, Weisz : la famille

 

De quoi ça parle ? De la vie professionnelle et personnelle des jumelles Mantle, sur le point de révolutionner les conditions d’accouchement des femmes… mais à quel prix ?

Pourquoi c’est plus qu’un remake bizarre ? L’adaptation très très libre du chef-d’oeuvre de David Cronenberg (lui-même inspiré d’un roman écrit par Bari Wood et Jack Geasland) n’a pas fait forcément l’unanimité à sa sortie, certains le limitant à un véhicule pour Rachel Weisz, qui reprend plus ou moins le double rôle de Jeremy Irons avec un certain enthousiasme. Pourtant, son travestissement assumé des thèmes du cinéaste canadien est absolument passionnant dans Faux-semblants version série.

Les Mantle sont promues à la tête d’une clinique de sage-femme expérimentale. Ainsi, le grand écart qu’elles sont forcées d’accomplir, entre des idéaux a priori progressistes et les moyens utilisés pour les atteindre, est un thème résolument plus contemporain, dont Alice Birch et ses scénaristes vont tenter d’extraire toute l’horreur larvée. Pas question de braconner sur les terres du maître : la body-horror laisse place à un entrisme de plus en plus glauque, souligné par une mise en scène littéralement clinique. L’exercice est par conséquent aussi audacieux que pertinent.

Notre critique de Faux-semblants

 

the curse

  • Diffusée sur Paramount+
  • 1 saison, 10 épisodes d’environ 1h

 

The Curse : photoUn miroir déformant évident de nos propres maux

 

De quoi ça parle ? Un couple de jeunes mariés tentent de faire prospérer leur projet d’éco-habitat, quand l’arrivée d’un producteur de télé-réalité et d’une malédiction va les faire plonger dans une spirale infernale.

Pourquoi c’est la série la plus cringe de l’année ? Résumer The Curse en quelques lignes est déjà un défi énorme en soi tant la série de Nathan Fielder est une oeuvre sans pareille, bousculant absolument tous les codes sériels traditionnels. Nathan Fielder est un artiste très méconnu en France, mais qui s’est largement fait remarquer pour ses sketchs outre-Atlantique (Nathan For You) et ses canulars grandeur nature (dont le lancement d’une chaine parodique de café nommé Dumb Starbucks Coffee).

En 2022, il avait repris du service sur le petit écran avec The Rehearsal, étrange docu-comédie inédit en France où les gens pouvaient répéter leur propre vie au coeur d’un objet détraquant les frontières entre fiction et réalité. Avec The Curse, il continue (grâce à l’aide de Benny Safdie, réalisateur de Uncut Gems) dans cette voie et fait exploser les potards du malaise. En suivant ce couple (joué par Fielder lui-même et Emma Stone), la série tente ainsi de capturer l’absurdité des comportements humains en confrontant le duo principal à ses préjugés, son hypocrisie et son narcissisme derrière son désir philanthropique, sa façade humaniste et son intimité instable.

En résulte une succession de séquences toutes plus étranges les unes que les autres (cette scène de sexe avec Steven ultra-gênante) au coeur d’un labyrinthe psychologique de plus en plus déroutant et mal-aimable. En effet, la mise en scène s’amuse sciemment à confondre le style de la télé-réalité dont font l’objet les personnages au style de la série elle-même. D’où une oeuvre complètement expérimentale, lorgnant à la fois sur la comédie noire grinçante, l’horreur cérébrale et le thriller voyeuriste et brouillant les pistes continuellement. En voilà une série vraiment originale.

  

succession – saison 4

  • Diffusée sur Prime Video via le Pass Warner
  • 4 saisons, 39 épisodes d’environ 1h (10 uniquement pour la saison 4)

 

Succession : Photo Sarah Snook, Kieran Culkin, Jeremy Strong“Tu crois qu’Ecran Large est à racheter ?”

 

De quoi ça parle ? La famille Roy est de plus en plus divisée alors que la vente de Waystar Royco n’a jamais été aussi proche. Qui remportera la mise ?

Pourquoi c’est déjà une série culte ? Comment aurait-on pu oser ne pas mettre le final absolument parfait de la meilleure série des cinq dernières années ? Alors même que son postulat très simple (la succession d’un grand magnat à la tête de son empire médiatique) aurait pu tourner en rond au bout de quatre saisons, Succession n’a, au contraire, cessé de se renouveler en prenant régulièrement les spectateurs à revers.

Qu’il s’agisse de rebondissements brutaux (épisode 3), de discussions mouvementées à propos d’un étrange trait sur un document (épisode 4) ou de décisions personnelles influant sur le destin de toute une nation (épisode 8), la série a su jongler entre le désir des spectateurs de voir ces horribles personnages tomber et leur besoin paradoxal de s’y attacher. En trouvant toujours le ton et le tempo parfait pour avancer ses pions, le showrunner Jesse Armstrong a livré une partition troublante, venant écarteler les émotions des spectateurs sans jamais les tromper. 

D’où la justesse impériale du grand final, capable de tenir en haleine le public jusqu’aux dernières secondes quant à l’identité du futur successeur (ou successeuse) de l’ignoble Logan Roy tout en nous ayant déjà donné toutes les clés pour en deviner le visage. Difficile de ne pas regretter la fin d’une oeuvre aussi majestueuse après seulement quatre saisons (vu son intelligence analytique sur le pouvoir, le patriarcat et les élites), mais impossible de lui reprocher sa lucidité à toute épreuve, jusqu’à sa propre terminaison.

Notre critique de Succession saison 4

You May Also Like

More From Author