Ubisoft : trois ex-cadres seront jugés pour harcèlement moral et sexuel – Actu

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L’enquête de Libération parue le 1er juillet 2020 faisait état de profonds dysfonctionnements à la tête d’Ubisoft, dressant un portrait particulièrement accablant de Tommy François, ainsi que Serge Hascoët, décrit comme son protecteur. Aujourd’hui, les deux ex-cadres sont soupçonnés d’avoir “fait régner au sein des équipes une ambiance encourageant les propos et comportements dégradants et humiliants“.

Les faits retenus par le parquet de Bobigny ciblent principalement Tommy François. L’ex-animateur de Game One est accusé d’avoir abusé de sa position hiérarchique et de son “aura” pour s’adonner à une liste sans fin d’humiliations sur ses subordonnées : “siffler une collègue, ordonner à une collaboratrice en jupe de faire le poirier dans l’open space, lancer des films pornographiques sur les ordinateurs“, poser des questions crues et intrusives sur leur vie sexuelle, ou encore insultes et “violentes colères“. Il sera également jugé pour tentative d’atteinte sexuelle dans le cadre d’un baiser forcé. La collaboratrice ciblée était “maintenue par des tiers” durant l’acte (une scène déjà largement retenue et commentée dans les enquêtes de l’époque).

Quant à Serge Hascoët, l’ex-bras droit d’Yves Guillemot, il lui est reproché d’avoir protégé Tommy François auprès des RH, mais aussi d’avoir harcelé sexuellement et moralement ses employées. Par exemple, il se serait amusé à remplacer le fond d’écran d’une salariée musulmane par un cochon. L’Informé relate qu’il aurait également “attribué des tâches strictement personnelles à ses assistantes, comme emmener sa fille chez le dentiste, organiser l’enterrement de sa mère ou préparer ses voyages“. Quant au troisième manager renvoyé devant la justice, il comparaîtra pour harcèlement moral à cause de mails incendiaires et rabaissants.

Me Maude Beckers, avocate des plaignants, félicite une enquête “très sérieuse” de la police judiciaire mais regrette que l’aspect systémique du harcèlement n’ait pas été pris en compte. “On voulait faire reconnaître la responsabilité des cadres à titre individuel, mais aussi de l’entreprise en tant que personne morale, de son président et de sa DRH, pour avoir couvert les faits commis“, explique-t-elle dans les colonnes de L’Informé. À l’époque, plusieurs accusé(e)s avait fini par démissionner, dont Cécile Cornet, RH accusée par plusieurs témoignages d’avoir aidé à couvrir les agissements de Tommy François et Serge Hascoët. On peut également citer le vice-président Maxime Béland, fréquemment cité dans les enquêtes journalistiques. Ces deux ex-cadres ne seront pas poursuivis juridiquement.

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