Un bon coup pour 2027 ? LR se réjouit de la nomination d’Attal à Matignon

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Un bon coup pour 2027 ? LR se réjouit de la nomination d'Attal à Matignon

Les Républicains voient dans la nomination de Gabriel Attal à Matignon une chance de peser plus lourd lors de la présidentielle 2027. Mais la stratégie envisagée n’est pas sans risque.

La nomination de Gabriel Attal à Matignon ne devrait pas chambouler les relations entre les élus de la majorité et ceux de la droite. Si Eric Ciotti, président du parti Les Républicains, apprécie davantage le nouveau Premier ministre qu’il ne s’entendait avec Elisabeth Borne, il estime que le jeune politique ne révolutionnera pas la manière de gouverner ou de négocier avec l’opposition pour compléter sa majorité relative au Parlement. D’ailleurs, la bonne entente entre les deux homme ne sera pas synonyme de complaisance sur le vote des textes et autres projets de loi. “Attal, c’est du Macron pur jus, du ton sur ton, il fera du “en même temps” avec, de temps en temps, du braconnage à gauche et à droite”, en conséquence “pas question d’accord global ni d’attitude bienveillante, ce sera du cas par cas” selon les réformes soumises au Parlement, prévient un haut cadre de LR dans les colonnes du Point.

Si le changement de Premier ministre ne semble pas être un sujet pour les Républicains à court terme, il pourrait faire leurs affaires en vue de 2027. C’est du moins ce que semble croire Eric Ciotti qui voit en Gabriel Attal un rival d’Edouard Philippe pour succéder à Emmanuel Macron lors de la prochaine campagne présidentielle. Mais en quoi le jeune Premier ministre ferait-il le jeu de la droite pour l’échéance de 2027 ?

Edouard Philippe ringardisé et Laurent Wauquiez plébiscité

Des tendances se dégagent déjà pour la prochaine présidentielle et alors que des ambitions élyséennes sont prêtées à Edouard Philippe, la popularité du maire du Havre auprès des électeurs de la droite inquiète le patron de LR qui veut pousser la candidature de Laurent Wauquiez. Et pour cause, l’ancien Premier ministre devance le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans l’opinion des électeurs LR, selon les derniers baromètres comme celui d’Ipsos pour Les Echos publiés en décembre 2023.

Mais voilà, Gabriel Attal talonne et arrive parfois à détrôner Edouard Philippe dans l’opinion des Français comme dans celle des électeurs de la droite d’après les mêmes études. Le Premier ministre est la deuxième personnalité politique la plus plébiscitée par les Français avec 39% d’opinion positive (+1%) juste derrière le patron d’Horizons fort de 41% d’avis positif mais accusant une baisse de 3%. d’après le baromètre Elabe pour Les Echos publié en janvier. Le mois précédent, les positions s’inversaient Attal devant avec 40% et Philippe second avec 39%. Cette avance du nouveau Premier ministre se confirmait auprès des électeurs de droite (63% contre 61% en troisième et quatrième place derrière Xavier Bertrand et Nicolas Sarkozy). Laurent Wauquiez clôturait le top 5 avec 60% d’avis positif.

Si Gabriel Attal parvenait progressivement à voler la vedette à Edouard Philippe, il pourrait s’imposer comme le successeur de Macron en 2027 et sortir le maire normand de la course, laissant ainsi plus d’espace au candidat LR. L’éventuelle candidature du jeune chef de gouvernement adepte du “en même temps” à la présidentielle étant jugée moins dangereuse pour la droite que celle d’Edouard Philippe situé au centre droit de l’échiquier politique. “Un candidat de plus dans le marécage macroniste, ça nous va très bien !” résume un proche de Laurent Wauquiez au Point.

Une partie de la droite séduite par Attal

La droite voit donc un avantage à l’arrivée d’Attal à Matignon, mais elle court le risque de perdre une partie de ses élus sur le chemin de 2027. Si d’un côté, certains Républicains refusent de s’acoquiner avec celui qu’ils décrivent comme la copie, le “mini-moi”, d’Emmanuel Macron, d’autres au contraire sont séduits pour le politique de 34 ans qui s’avance sur des sujets chers à la droite. “Il fait tout ce qu’on voulait faire sur l’école”, a glissé un grand nom du parti au journal quand un autre a salué un Premier ministre au “talent fou, [qui] a fait un sans faute”. Un dernier est allé jusqu’à estimer qu’il serait “très facile pour Attal d’aller picorer des personnalités à droite”.

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