Un cocktail qui a du punch!

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Le punch est aux rassemblements hivernaux festifs ce que la sangria est aux apéros en terrasse l’été : un cocktail léger, à partager, qu’on prépare en grande quantité et pour lequel on n’a pas nécessairement besoin de recette. Cependant, il n’en a pas toujours été ainsi : de boisson de marins jusqu’à notre table des Fêtes, voici l’histoire du punch.

« Un punch, c’était fait pour “puncher”, résume parfaitement bien Rose Simard, fondatrice du site Web 1 ou 2 cocktails et autrice des livres L’apéro au Québec et Boire le Québec. Le punch moderne est plutôt devenu un cocktail de bienvenue, un petit quelque chose d’agréable qu’on sert facilement à l’apéro pendant les Fêtes. »

Elle avoue d’ailleurs que, sur ses plateformes, les recettes de punch sont incontestablement les plus populaires en décembre, soulignant à quel point le contexte social entourant la consommation du punch a énormément changé depuis sa création.

Un cocktail qui voyage

Il existe plusieurs hypothèses quant à l’étymologie du mot punch. La plus populaire est celle qu’il serait dérivé du mot hindi « panch », qui signifie cinq en raison du nombre d’ingrédients que contenait le punch à l’époque de sa création (jus de citron, sucre, alcool fort, eau et épices). D’autres croient plutôt que le mot découlerait de « puncheon », le nom d’un petit baril de rhum dans lequel on préparait le punch.

Dans tous les cas, ce serait des navigateurs britanniques qui auraient popularisé ledit cocktail, l’ayant découvert lors de leurs voyages en Inde au XVIe siècle. Ils auraient rapporté les ingrédients locaux pour en préparer sur leur bateau sur le chemin du retour à la maison.

Une fois sur la terre ferme, les marins partageaient un verre de cette concoction sucrée, autrefois servie chaude, avec les gens venus les accueillir au port. La recette s’est ainsi propagée et est vite devenue une des préférées des aristocrates. Ces derniers aimaient en servir de grandes quantités lors de leurs soirées mondaines, prouvant leur aisance financière leur permettant d’acheter des fruits et des épices exotiques pour sa préparation.

Le fameux bol

Depuis sa création, le punch est préparé, servi et consommé dans un large bol. Avant l’arrivée de la louche, les convives se le passaient et y buvaient directement.

Ces bols, maintenant devenus des objets de collection, étaient d’une grande qualité et d’une belle élégance, faits en céramique, en porcelaine, en cristal et même parfois en argent. À une certaine époque, la grosseur des bols à punch allait jusqu’à être le symbole de la fortune d’une famille. Ils étaient ensuite légués de génération en génération… avant de prendre la poussière dans le fond des armoires lorsque les cocktails individuels ont gagné en popularité à l’ère victorienne.

Rose Simard peut en témoigner, elle qui possède le très précieux bol à punch de sa grand-mère : « Il est gros, il prend de la place, mais jamais je ne vais m’en débarrasser. »

Parce que finalement, utiliser un bol à punch ne sert qu’à créer un effet wow et à faciliter le service. « On pourrait servir notre cocktail dans un pichet que ça ferait aussi l’affaire », affirme la créatrice de 1 ou 2 cocktails.

« Locavoriser » son punch

Le punch revient à la mode périodiquement depuis sa création et, depuis, ses recettes sont nombreuses : c’est qu’on peut y mettre pratiquement tout ce qu’on a sous la main !

Adepte de produits du Québec, Rose Simard croit qu’il est absolument possible de « locavoriser » ce cocktail à partager.

« J’essaie de m’en tenir à cinq ingrédients, si on veut goûter à tout sans masquer les subtilités des ingrédients. » C’est encore plus vrai si on utilise une bonne bouteille de gin québécois comme base pour son punch, qu’on y ajoute des liqueurs de fruits d’ici et des épices boréales, par exemple.

Le nerf de la guerre, selon elle, c’est vraiment l’acidité. « Plutôt que de prendre du citron ou de la lime, on peut utiliser un jus de canneberge pur ou du jus d’argousier », note l’experte en cocktails.

« Faire un punch, c’est un peu comme faire une sauce à spaghetti : on part d’une recette de base, puis on la retravaille selon nos goûts »… et nos ingrédients locaux préférés !

Les proportions idéales d’un punch selon Rose Simard

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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