Un neuvième suspect de l’attentat de Moscou au Crocus City Hall placé en détention en Russie

Une neuvième personne accusée d’être impliquée dans l’organisation de l’attentat revendiqué par le groupe État islamique qui a fait plus de 140 morts dans la banlieue de Moscou a été placée en détention, a annoncé la justice russe vendredi.

Il y a exactement une semaine, des individus armés avaient ouvert le feu au Crocus City Hall, une salle de concert près de la capitale russe, avant de l’incendier.

Les autorités russes ont annoncé mercredi un bilan de 143 morts et le ministre russe de la Santé, Mikhaïl Mourachko, a déclaré vendredi qu’une autre personne était décédée. Des dizaines de blessés sont encore hospitalisés.

Quatre assaillants présumés ont depuis été arrêtés, ainsi que plusieurs suspects accusés de les avoir aidés.

Vendredi, un neuvième suspect, Nazrimad Loutfoulloï, a été placé en détention, a annoncé le service de presse des tribunaux de Moscou.

Il est originaire du Tadjikistan, une ancienne république soviétique d’Asie centrale, tout comme les assaillants présumés.

Les autorités n’ont pas précisé le rôle qu’il est accusé d’avoir joué, mais le suspect est inculpé pour « terrorisme » comme les quatre assaillants présumés, un crime passible de la prison à perpétuité.

Sa détention provisoire court au moins jusqu’au 22 mai.

L’attentat est le plus meurtrier en Russie depuis une vingtaine d’années, et le pire revendiqué par le groupe djihadiste État islamique (EI) sur le sol européen.

L’EI a confirmé vendredi l’arrestation de quatre de ses membres, qu’il désigne comme les auteurs de l’attentat.

Malgré cette revendication djihadiste claire, les autorités russes persistent à tracer un lien avec l’Ukraine, pays qu’elles affrontent militairement depuis plus de deux ans.

Les enquêteurs ont assuré vendredi que les assaillants présumés avaient raconté que l’attaque avait été coordonnée « par un homme sous pseudonyme au moyen de messages vocaux sur la messagerie Telegram ».

« Sur les instructions du coordinateur, les terroristes se sont dirigés en voiture après leur crime vers la frontière russo-ukrainienne, en vue de la franchir et d’arriver à Kiev pour recevoir la récompense qui leur avait été promise », a affirmé le Comité d’enquête.

Jeudi, cet organe chargé des principales investigations criminelles avait affirmé que les auteurs de l’attentat avaient des « liens avec les nationalistes ukrainiens » et avaient reçu d’« importantes » sommes d’argent en provenance d’Ukraine.

Le directeur des services de sécurité russes (FSB), Alexandre Bortnikov, a lui accusé les services secrets ukrainiens et occidentaux d’avoir « facilité » l’attentat. Mais l’Ukraine dément catégoriquement toute implication dans cet attentat.

Attentat déjoué dans le sud

Le FSB a également affirmé vendredi avoir arrêté trois « ressortissants d’un pays d’Asie centrale » qui prévoyaient un attentat à la bombe dans le sud-ouest de la Russie.

Les services de sécurité ont assuré dans un communiqué cité par les agences de presse russes avoir « mis fin aux activités terroristes de trois ressortissants d’un pays d’Asie centrale qui projetaient de commettre un acte terroriste en faisant exploser un engin dans un lieu public de la région de Stavropol ».

La télévision russe a diffusé des images sur lesquelles on peut voir plusieurs hommes maintenus au sol par des agents du FSB entre des voitures.

Selon l’agence publique de presse Ria Novosti, des composants pour la fabrication d’un engin explosif artisanal et des substances chimiques ont été trouvés au domicile des suspects.

Le FSB annonce régulièrement depuis des années déjouer des attentats en Russie, et peu de détails sont en général connus de ces affaires.

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