Un océan pourrait se former en Afrique

Un océan en Afrique ? L’hypothèse n’est pas si farfelue, comme le révèle la géoscientifique Cynthia Ebinger, de l’Université de Tulane (Louisiane). La formation d’un nouvel océan en Afrique pourrait même se réaliser en moins d’un million d’années, voire en moitié moins de temps.

La scission possible du continent africain

Cette affirmation repose sur des études approfondies et une expertise accumulée depuis les années 1980. Cynthia Ebinger, dont les articles ont été largement cités dans des revues scientifiques de renom comme Nature, se concentre sur les interactions entre les plaques tectoniques dans la région d’Afar, où se rencontrent les plaques arabique, africaine (ou Núbia) et somalienne.

La scientifique avait publié en 1998 dans Nature un article faisant autorité sur le magmatisme du Cénozoïque en Afrique de l’Est, soulignant l’impact d’un seul point chaud dans cette région. Ses recherches ont mis en lumière le rôle crucial des volumes importants de magma, en particulier dans les plateaux éthiopiens et en Afrique de l’Est, qui s’étendent sur plus de mille kilomètres.

La dynamique des plaques tectoniques est au cœur de ce phénomène. La plaque arabique s’éloigne de l’Afrique à une vitesse de 2,5 centimètres par an, tandis que les plaques africaine et somalienne se déplacent à une vitesse de 0,5 centimètre chacune par an. Ce mouvement graduel pourrait aboutir à la division du continent africain, traversé par une immense masse d’eau salée provenant de la Mer Rouge et du Golfe d’Aden.

En 2005, une série de 420 tremblements de terre a secoué une région désertique en Éthiopie, un événement sismique majeur pour le continent. Cette activité a ouvert une fissure de 60 kilomètres dans la région d’Afar. Le géophysicien Atalay Ayele, de l’Université d’Addis-Abeba (Ethiopie), a identifié trois sources principales de magma lors de cet épisode, mettant en évidence les processus tectoniques et volcaniques qui pourraient finalement former un canal océanique naissant.

Les recherches d’Atalay Ayele et de Cynthia Ebinger, ainsi que celles de leurs collègues, ont mené à la publication d’une étude dans le journal Tectonophysics qui présente un modèle en 3D des changements géologiques dans la région. Ce modèle a révélé la formation de nouvelles croûtes basaltiques volumineuses et une épaisseur réduite de la couche sous la dépression d’Afar.

Ces bouleversements géologiques intenses pourraient accélérer l’ouverture de la fissure et le passage de l’eau salée. Bien que la prédiction précise d’événements comme les éruptions volcaniques et les tremblements de terre reste hors de portée, ces études permettent toutefois de comprendre les processus à long terme, mais aussi à améliorer les modèles sismiques pour mieux anticiper les catastrophes naturelles futures.

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