un scandale inévitable ? La ministre dénonce un rapport “militant”

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Salaire d'Oudéa-Castéra : un scandale inévitable ? La ministre dénonce un rapport "militant"

Après la polémique sur la scolarisation de ses enfants, un rapport parlementaire fustige des “défaillances” de la FFT qu’elle dirigeait avant d’être ministre, notamment concernant son salaire. Amélie Oudéa-Castéra a d’ores et déjà réagi par le biais de son entourage.

La ministre de l’Education nationale et des Sports n’en finit plus de faire parler d’elle. Un rapport de la commission d’enquête parlementaire épingle le salaire d’Amélie Oudéa-Castéra lorsqu’elle était à la tête du tennis français. Ce rapport doit sortir ce mardi. Il dénonce des “défaillances systémiques” et une certaine désinvolture d’Amélie Oudéa-Castéra lorsqu’elle était directrice générale de la Fédération française de tennis, entre mars 2021 et mai 2022. Auprès de son entourage, la ministre aurait dénoncé un rapport d’enquête parlementaire sur les fédérations sportives “militant”, relaie notamment franceinfo. Pour elle, ses travaux auraient été “instrumentalisés à des fins politiques”.

Le rapport de la commission, présidée par Béatrice Bellamy (Horizons) et dont la rapporteuse est la députée Sabrina Sebaihi (Ecologistes) a été consulté par Le Monde, qui rend compte ce lundi des points saillants mettant en cause l’actuelle ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse, des Sports et des JO. La principale critique des parlementaires cible la rémunération de l’ancienne patronne du tennis français, qui touchait 500 000 euros brut par an, dont une prime de 100 000 euros sur objectif. Un salaire trop élevé ? Interrogée sur ses émoluments par la commission d’enquête, le 16 novembre 2023, elle jugeait qu’elle pourrait légitimement gagner davantage : “Si je rapporte ma rémunération actuelle au volume d’heures que chaque semaine je m’enfourne, en bossant jours, nuits, week-ends, je ne suis pas bien payée”, disait-elle.

Mais ce n’est pas pour ces considérations personnelles que la ministre est mise en cause, mais bien pour l’indifférence dont elle a fait preuve lorsqu’elle avait été rappelée à l’ordre. En février 2022, comme l’indique la commission parlementaire, “l’Inspection générale [de l’éducation, du sport et de la recherche] avait appelé à reconsidérer le niveau de rémunération des dix principaux cadres de la FFT”. L’inspection générale était très claire : elle pointait la rémunération “considérable, voire anormale” de Jean-François Vilotte, le prédécesseur d’Amélie Oudéa-Castéra, qui touchait alors 413 325 euros annuels brut. Par ailleurs, l’Inspection critiquait durement le manque de “procédures de recrutement et de recherche de cadres dirigeants, d’entretiens par une cellule dédiée” lors de l’embauche d’Amélie Oudéa-Castéra. Non seulement la rémunération “anormale” de la personne à la tête de la FFT n’a pas baissé, mais au contraire, cette dernière a été augmentée, de plus de 86 000 euros. “Force est de constater que cette demande de l’Inspection générale n’a pas été respectée par la FFT”, regrette la commission d’enquête.

Les parlementaires pointent aussi une contre-vérité assénée par la ministre devant la commission, le 16 novembre. La FFT “ne touche pas le moindre euro de subvention publique”, avait-elle déclaré, pour justifier son salaire. Or, cela est tout à fait faux, comme l’indiquent les parlementaires, qui reprochent à Amélie Oudéa-Castéra d’avoir “fourni une présentation inexacte du soutien public consenti par l’Etat”. Le lendemain de son audition, la ministre s’était rétractée, en envoyant à la commission un courrier rectificatif, ce qui lui avait permis d’échapper à un signalement pour “parjure”. Mais les chiffres avancés par la ministre (1,28 million d’euros de subvention de l’Etat en 2022) apparaissent “minimisés”, très sous-estimés, selon les députés.

Autre “défaillance” pointée par les élus : le manque de neutralité du “Comité national pour renforcer l’éthique et la vie démocratique dans le sport”. A sa tête, Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports, a nommé M. Franck Latty, président du comité d’éthique de la FFT. Ce qui est problématique pour la commission d’enquête : “D’une part, le comité d’éthique peut être amené à se prononcer sur la gestion de l’ancienne directrice générale de la FFT, et, d’autre part, un décret du 4 août 2022 a entendu à juste titre rompre tout lien entre la ministre des sports et son ancienne fédération”, écrivent les députés. La commission pointe aussi “la désinvolture avec laquelle le ministère des sports a veillé au respect des lois et règlements en vigueur en matière d’éthique”, spécifiquement sur l’obligation des fédérations délégataires de service public à disposer d’un comité d’éthique indépendant.

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