une adaptation très prometteuse pour le manga de Toriyama

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Un road trip désertique très prenant

Malheureusement, le film d’animation n’est actuellement pas prévu officiellement en France, toutefois vous pouvez toujours visionner la série Disney + qui reprend les mêmes évènements avec un découpage par épisode. Le fait d’avoir vu le film avant notre session de jeu nous a permis de bien nous immerger dans l’univers de Toriyama. Bien qu’il couvre un seul tome et qu’il nous tienne en haleine tout du long, le long métrage est assez expéditif.

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Il ne s’agit pas de souhaiter un ajout excessif de hors-série comme à la belle époque des adaptations anime du BIG 3, mais le film donne l’impression de n’effleurer que la surface d’un monde potentiellement plus profond. Bandai Namco a saisi ce potentiel pour développer ces aventures via le jeu vidéo, une initiative qui s’avère être une excellente idée.

Nous allons éviter de trop nous étendre sur l’histoire afin de ne pas trop en révéler, mais pour résumer, Sand Land se déroule dans un futur lointain. La Terre est devenue une planète aride et souffre d’une grave pénurie d’eau. Nous suivons les péripéties du prince démon Beelzebub, accompagné de son fidèle assistant démon Thief, ainsi que du shérif Lao. Ensemble, ils se lancent dans une quête pour retrouver un lac mystérieusement disparu depuis de nombreuses années.

Bien que je ne sois généralement pas un grand amateur d’animation CGI, il faut admettre que le travail combiné de Sunrise, Kamikaze Douga et ANIMA offre un résultat très satisfaisant, réussissant à harmoniser de manière presque parfaite les dessins en 2D avec les séquences en CGI. Le trio de personnages principaux est particulièrement attachant et dévie des stéréotypes habituels du shonen. Thief et Lao, en particulier, avec leur âge avancé, dépassent les clichés des hommes sages ou bourrus auxquels on pourrait s’attendre.

L’œuvre brille grâce au talent de l’auteur, qui mêle aventure, humour, action, et instants de sérieux, nous offrant ainsi une histoire unique et captivante. La touche de Toriyama, tant dans le design des personnages que dans les aspects plus extravagants de l’univers, rend ces derniers immédiatement intéressants. Cependant, le rythme soutenu du récit ne laisse pas suffisamment de place pour approfondir leur développement.

La patte artistique d’Akira Toriyama + l’Unreal Engine 5 : le combo gagnant

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Après cette première prise en main sur le jeu vidéo, qui prend la forme d’un Action-RPG en monde ouvert, nous sommes assez convaincus par la proposition de Bandai Namco. Soyons honnêtes, l’éditeur japonais est souvent dans l’adaptation médiocre et facile de shonen en jeu vidéo, qui se contente de flatter le fan service sans grande innovation. Cependant, avec Sand Land, il est évident que l’effort a été mis sur une production de qualité.

Le développement a été confié au studio ILCA, connu pour son travail sur Ace Combat 7: Skies Unknown, Dragon Quest XI: Echoes of an Elusive Age, les remakes pour Switch de Pokémon Diamant & Perle, et plus récemment One Piece Odyssey. Bien que l’adaptation du manga de Eichiro Oda n’ait été accueillie que tièdement, « bon sans plus », il semble que le studio ait pu tirer parti d’un matériau de base moins contraignant pour créer quelque chose qui se veut à la fois fidèle à l’esprit original et suffisamment complet.

La fidélité au matériel d’origine est remarquable, notamment grâce à un rendu visuel impressionnant, ce qui est de bon augure pour les futures adaptations en Cell-Shading utilisant l’Unreal Engine 5. Pour notre session, nous avions le choix entre les versions PC et PS5 du jeu. Nous avons opté pour la version PlayStation pour évaluer la qualité technique, qui s’est avérée irréprochable.

Alors que de nombreux jeux récents ont rencontré des problèmes de performances (comme Dragon’s Dogma 2 ou Final Fantasy 7 Rebirth), Sand Land offre une expérience fluide en 4K à 60 FPS.Les graphismes rendent un bel hommage au style de Toriyama, non seulement à travers le design des personnages, mais surtout des véhicules, qui sont les véritables vedettes du jeu.

L’action-RPG motorisé

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Nous avons eu l’occasion d’essayer le soft à travers 4 sauvegardes différentes : la première se situait au début du jeu et faisait office de tutoriel, la deuxième était une grosse phase d’infiltration, la troisième un donjon et enfin la dernière qui proposait une phase bien plus avancée. Concrètement, en dehors de l’étiquette « adaptation de manga », Sand Land se présente comme un Action-RPG en monde ouvert assez conventionnel. On incarne Beelzebub, capable de se déplacer librement et de combattre les ennemis au corps à corps. Lao et Thief, contrôlés par l’IA, apportent leur soutien durant les combats, et tous trois ont la possibilité d’améliorer leurs compétences grâce à un arbre dédié.

Bien évidemment, nous avons de l’exploration, des quêtes secondaires ou encore des phases d’infiltration. Bien que ces dernières ne soient pas les segments les plus captivants du jeu, elles s’intègrent harmonieusement dans la trame narrative sans être trop pénibles. En tant qu’Action RPG, Sand Land ne surprendra peut-être pas par son originalité, offrant une progression classique et relativement guidée. Cependant, en tant qu’adaptation fidèle, le jeu se démarque véritablement et procure une expérience agréable, prouvant qu’il peut se distinguer par son exécution solide et son respect de l’œuvre originale.

Le véritable atout de Sand Land, qui le distingue et le rend particulièrement séduisant, ce sont les véhicules. La possibilité de piloter une variété de véhicules emblématiques, rappelant fortement l’univers de Dragon Ball, enrichit considérablement l’expérience de jeu. Des exemples comme la moto de Bulma, le glisseur de Yamcha, ou encore le robot du Colonel Black de l’armée du Ruban Rouge, ne sont que quelques-unes des références qui témoignent de l’influence de Toriyama. Son style unique dans la conception des véhicules est pleinement embrassé dans ce jeu, offrant aux fans un véritable plaisir de retrouver ces icônes.

Ces engins ne sont pas seulement là pour le spectacle ; chacun possède une fonctionnalité spécifique enrichissant le gameplay. La moto, par exemple, offre une mobilité rapide à travers le désert mais avec une capacité d’armement réduite, tandis que le tank, plus lent, dispose d’une puissance de feu impressionnante. Grâce aux capsules, une autre emprunte de l’univers Dragon Ball, les véhicules peuvent être invoqués à volonté, permettant ainsi de varier les stratégies et les approches en fonction des situations rencontrées. La maniabilité est excellente, on prend un plaisir indéniable à utiliser le glisseur pour éliminer rapidement une escouade ennemie avant de s’attaquer au chef avec une série de combos au corps à corps en armure.

Un prolongement dans le vert

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Même si le principe reste assez pratique, une fluidité accrue lors des transitions entre la montée et la descente des véhicules dans les donjons aurait été souhaitable car ces changements peuvent parfois interrompre le rythme de l’exploration. Malgré ces bons points, il est important d’attendre un test complet pour évaluer le jeu dans son ensemble. Néanmoins, le monde ouvert promet d’être vaste, offrant la possibilité de collecter des ressources, d’affronter des ennemis sauvages, et de découvrir des secrets cachés. Les villes visitées se distinguent par leur aspect visuel très travaillé, même si l’exploration peut se révéler quelque peu restreinte.

Nous avons aussi effleuré le système de personnalisation des véhicules qui semble très complet, permettant de modifier aussi bien les composants mécaniques que les aspects esthétiques des engins. De plus, l’annonce récente par Bandai d’une extension de l’histoire originale de Sand Land, nommée « Forest Land », supervisée par Akira Toriyama lui-même, augure de la découverte de nouveaux territoires et de nouveaux personnages. Cela signifie que même les fans les plus aguerris pourront vivre une expérience narrative inédite.

Sand Land se profile comme l’une des adaptations de manga les plus réussies de ces dernières années, portée par un projet ambitieux dont la qualité transparaît manette en main. Le titre rend hommage au style distinctif d’Akira Toriyama, notamment à travers son amour pour les véhicules au design singulier. Cependant, pour pleinement apprécier ce jeu en tant qu’Action-RPG, une certaine affinité avec l’univers de Toriyama est souhaitable, car malgré ses qualités, il présente une structure de jeu assez traditionnelle. On espère que le test nous confortera dans ces impressions, mais Sand Land est en bonne voie pour être l’une des bonnes surprises de cette année 2024.

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