Une année décisive pour Magali Picard, au coeur de tempêtes syndicales et médiatiques


Après avoir fracassé un plafond de verre en tout début d’année en devenant la première femme à la tête de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Magali Picard s’est retrouvée au coeur de l’action des luttes syndicales qui ont mené à la tenue de grèves et de négociations tendues avec le gouvernement Legault. Retour sur une année marquante pour cette dirigeante syndicale, qui s’est imposée dans le paysage médiatique.

En janvier dernier, Mme Picard a marqué l’histoire en devenant la première femme et la première Autochtone à présider la FTQ, une centrale syndicale traditionnellement masculine. « Cela nous a permis de prendre la mesure de comment la société a évolué », relève Lorraine Pagé. Cette dernière avait elle-même été, en 1988, la première femme à accéder à la présidence de la Centrale des syndicats du Québec.

C’est après avoir accompli cet exploit que Magali Picard, déjà bien connue dans le milieu syndical, est devenue une personnalité publique aux yeux d’un plus grand pan de la population québécoise, notamment pour ses positions en faveur d’une hausse du salaire minimum et d’une réforme du mode de scrutin. « C’est une femme passionnée et c’est une femme directe aussi », relève l’analyste politique et chargé de cours au Département de science politique de l’UQAM André Lamoureux. Autant de qualités qui l’ont rendue sympathique auprès de la population québécoise, estime-t-il. 

Négociations syndicales

Grâce à son « charisme » et à ses talents de communicatrice, Magali Picard s’est ensuite imposée dans les médias comme l’une des principales porte-parole du Front commun intersyndical qui a entamé un mouvement de grève au début du mois de novembre, relève Thomas Collombat, professeur agrégé de science politique à l’Université du Québec en Outaouais.

« Elle a vraiment une capacité à motiver un groupe, à conserver l’intérêt et à envoyer des messages mobilisateurs qui sont remarquables », malgré les conséquences notables des grèves qui ont eu lieu dans les dernières semaines et qui ont chamboulé la vie de bien des Québécois, note l’expert.

Seule ombre au tableau d’une année presque sans tache pour Magali Picard : son voyage écourté à Dubaï, à la fin du mois de novembre. La dirigeante syndicale devait prendre part pendant une semaine à la conférence environnementale de la COP28. Or, elle est plutôt revenue le lendemain à Montréal, après que son départ, dans une période d’intenses négociations avec le gouvernement du Québec, a suscité une vive mais brève controverse.

« Elle s’est battue pour dire que le salaire minimum est trop bas et elle s’est rendue à Dubaï. J’ai trouvé ça très contradictoire », lance André Lamoureux. Si ce dernier qualifie ce voyage de « grande erreur », Lorraine Pagé qualifie plutôt cette controverse de « tempête dans un verre d’eau ». « Il ne faut pas oublier que les changements climatiques » seront bientôt « au coeur des défis de nos organisations syndicales », relève Mme Pagé, selon qui ce voyage était donc justifié.

La finaliste : Dominique Savoie 

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