Une bague connectée pour rendre justice aux éternels couche-tard

Environ 10 % des gens sont des lève-très-tôt. On célèbre ces personnes productives dès l’aurore. C’est moins glorieux pour les 10 % qui sont des couche-très-tard : fêtards, irresponsables, éternels ados… Pourtant, certains n’y peuvent pas grand-chose : c’est leur chronotype.

Le chronotype détermine quel genre de dormeur vous êtes. De lève-tôt à couche-tard, et tout ce qui existe entre les deux. Bien connaître son chronotype permet d’adapter sa routine en conséquence. Une étude menée auprès d’étudiants du secondaire publiée dans la revue Nature il y a cinq ans démontrait que ceux qui respectaient mieux leur chronotype obtenaient en général de meilleures notes. Quand même !

Le chronotype est déterminé par sa génétique et son rythme circadien. Une horloge interne de 24 heures. Le rythme circadien affecte plein de choses, allant du niveau de vigilance et de concentration à la pousse des cheveux, ce qui, on s’entend, demande très peu de vigilance.

Le rythme circadien a un impact sur l’alternance entre l’éveil et le sommeil. Il semble qu’il peut aussi agir sur certains traits physiologiques, comme la température corporelle et la circulation sanguine.

Dis-moi comment tu dors…

Pour les fabricants d’accessoires connectés, tout ça, c’est la panacée : quelques capteurs discrets placés sur la peau prennent en note la température cutanée, le rythme cardiaque, le taux d’oxygène dans le sang, à tout moment, 24 heures par jour.

La plupart de ces fabricants livrent ensuite l’information sur vos signes vitaux via une application mobile. À vous d’en faire ce que vous voulez. Certains vont plus loin. La société Oura, par exemple, utilise ces données pour mieux informer les gens sur leur chronotype.

En fait, elle espère faire tomber un ou deux préjugés à propos des gens qui cadrent mal dans l’horaire typique d’une journée typique dans le bureau nord-américain typique. D’autant plus que d’autres études tendent à prouver que moins on respecte son horloge interne, plus on est susceptible de développer certaines maladies : hypertension, anxiété, etc.

Oura définit six chronotypes. Le lève-tôt est actif dès l’aurore et aura accompli le gros de ses activités les plus exigeantes bien avant l’après-midi. Le matinal se réveille naturellement avec le lever du soleil, travaille efficacement le matin et se couche tôt. Le matinal intermédiaire se lève un peu plus tard et est productif tout au long de la journée.

Il y a quelques années, arborer une bague Oura était le fin du fin dans la communauté geek de la Silicon Valley

Le type nocturne intermédiaire est plus productif en après-midi et en soirée, et a tendance à se coucher tard. Le nocturne tout court atteint son pic d’énergie quand tout le monde semble prêt à aller se coucher. Enfin, le couche-tard dort toute la matinée et ne sera pas vraiment efficace avant tard dans l’après-midi.

Le sommeil au bout du doigt

Oura met en marché depuis quelques années une bague connectée. L’appareil éponyme se porte à un doigt — de préférence l’index ou l’annulaire de votre main la moins dominante. Il y a quelques années, arborer une bague Oura était le fin du fin dans la communauté geek de la Silicon Valley. Un peu comme les chaussures Allbirds, qui n’ont rien de techno sinon leur origine californienne.

La mode est passée, mais la bague Oura est restée. Elle en est à sa troisième génération. Elle n’est pas donnée : son modèle le moins cher coûte 400 $. Il faut ensuite payer 8 $ par mois pour recevoir dans son application mobile une interprétation des données vitales qu’elle capte. Y compris son chronotype.

Il faut aussi être patient : Oura exige 90 jours d’une utilisation continue pour déterminer quel type d’horloge biologique vous anime.

Malgré cela, et parmi la panoplie de gadgets connectés qui promettent d’analyser votre sommeil, la bague Oura est peut-être l’un des plus sensés. Elle se glisse sur un doigt et s’oublie facilement. Elle va à l’eau. Son autonomie est de quatre jours environ et sa recharge prend moins de 90 minutes. Elle ne vibre pas, ne fait aucun bruit, ne reçoit aucune alerte de votre téléphone intelligent. Parfait pour un accessoire qui veut favoriser la détente.

À côté de ça, une montre connectée ou un bracelet intelligent est un paquet de troubles hyperstimulants.

Le principal défaut de la bague Oura est qu’on ne peut pas toujours la porter durant le sport, ce qu’elle a été conçue pour comptabiliser avec minutie. C’est un bijou, après tout. Et même en titane, elle finit par s’égratigner quand on la frotte avec insistance sur d’autres objets métalliques.

Mais pour aider à mieux comprendre quand, comment et pourquoi vous dormez bien ou vous dormez mal, c’est un accessoire à considérer. Surtout si vous pensez être du type couche-tard.

Car c’est un peu le but d’Oura : rendre leur légitimité aux gens qui peinent à se lever tôt. Ce n’est pas nécessairement par paresse ni par manque de sérieux si certaines personnes se moulent mal au traditionnel 9 à 5.

C’est probablement même indépendant de leur volonté : leur horloge biologique est ainsi faite.

À voir en vidéo

You May Also Like

More From Author