Une communauté chrétienne convoite l’église Saint-Jean-Baptiste de Québec

L’église Saint-Jean-Baptiste de Québec a peut-être trouvé sa planche de salut. Une communauté chrétienne a déposé une offre d’achat pour acquérir l’imposant lieu de culte qui trône dans le paysage de la capitale, inoccupé depuis presque neuf ans.

La dégradation du bâtiment a forcé la fermeture de ses portes au public le 24 mai 2015. Depuis, la fabrique se dit ouverte à céder la propriété à quiconque veut en assurer la pérennité, mais personne ne se presse pour acquérir l’église, qui nécessite une cure de jouvence chiffrée en dizaines de millions de dollars. 

Il y a quelques semaines, cependant, une communauté, chrétienne sans être catholique, a présenté une offre d’achat. « Elle a pu voir le carnet de santé de l’église et elle a pu visiter les lieux, rapporte André Bernier, directeur général de la paroisse Saint-Jean-Baptiste. Je pense qu’elle sait ce qu’elle fait. »

La paroisse refuse de dévoiler le contenu de l’offre d’achat, « par respect pour les paroissiens et les paroissiennes, mais aussi par respect pour l’autre partie ».

Monument historique

 

L’acquéreuse potentielle devra néanmoins avoir les coffres bien garnis. Un carnet de santé commandé par la Ville de Québec il y a deux ans estimait que 34 millions de dollars devaient être investis sur 15 ans pour restaurer entièrement le monument historique, classé depuis 1991 en raison de sa valeur patrimoniale exceptionnelle.

Les paroissiens et les paroissiennes pourront prendre connaissance des détails de l’offre d’achat ce dimanche. C’est à ce moment que la fabrique présentera l’identité de la communauté intéressée. 

« Ce sera une consultation, mais en vertu de la Loi sur les fabriques, il n’y aura de pas de vote en assemblée paroissiale, précise André Bernier. C’est l’assemblée de fabrique qui doit d’abord accepter l’offre finale avant de la soumettre à l’évêque pour approbation. Il faudra aussi l’autorisation du ministre de la Culture puisqu’il s’agit d’un bien patrimonial. »

La Ville de Québec, de concert avec l’Institut canadien de Québec, avait échafaudé un plan de reprise de l’église pour en faire un carrefour ouvert aux artistes et à la communauté. La fabrique n’a toutefois reçu aucune offre d’achat de la Ville, même après la présentation du chantier de conversion en mars 2023.

« Si la Ville avait fait une offre intéressante, nous l’aurions étudiée », souligne André Bernier. 

Entre les mains d’une autre communauté religieuse, l’église conserverait toutefois sa vocation initiale. « Notre priorité, c’est que ça serve au culte, rappelle le directeur général de la paroisse. L’église va pouvoir continuer de servir pour le culte chrétien et c’est une très bonne nouvelle. »

Le chef-d’oeuvre de l’architecte Peachy

L’église Saint-Jean-Baptiste figure parmi les plus belles de Québec et revêt, aux yeux de la Ville et du ministère de la Culture, une valeur patrimoniale d’exception. C’est le chef-d’oeuvre dans l’imposant inventaire de réalisations de l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy, déjà réputé, à l’époque, pour ses travaux sur le séminaire de Québec, le monastère des Ursulines ou sur l’imposante église Saint-Sauveur, en basse-ville de la capitale. La façade de l’église Saint-Jean-Baptiste, avec son imposant porche à arcades, sa rosace encadrée par deux fenêtres cylindrées et ses pilastres, s’inspire fidèlement de la devanture de l’église de la Sainte-Trinité de Paris. 

« L’église Saint-Jean-Baptiste est un exemple remarquable de l’influence des principes et des formes du style Second Empire sur l’architecture religieuse québécoise », explique le répertoire du patrimoine culturel du Québec. 

L’intérieur du lieu de culte recèle également une grande valeur artistique, notable par son ensemble statuaire, par l’orgue classée conçue par Napoléon Déry et par les rehauts en trompe-l’oeil, notamment, qui « accentuent l’opulence du décor ». 

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