une expérimentation avant son adoption ? Dans quelles villes ?

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Uniforme à l'école : une expérimentation avant son adoption ? Dans quelles villes ?

Le ministre de l’Education nationale a annoncé que le port de l’uniforme à l’école sera expérimenté au cours de l’année. Les modalités de l’expérimentation doivent être annoncées à l’automne. Où et quant l’uniforme pourrait-il faire son retour ?

Le port de l’uniforme pourrait-il être une des nouveautés de l’année scolaire 2023 ? Il est trop tôt pour le dire, mais des expérimentations sont au programme des prochaines semaines. Le ministre de l’Education nationale Gabriel Attal a lui-même affirmé que l’uniforme sera de retour dans quelques établissements sur les ondes de RTL : “J’annoncerai à l’automne les modalités d’expérimentation”.

A l’heure du débat sur l’interdiction du port de l’abaya à l’école, le retour de l’uniforme dans les écoles est régulièrement présenté comme une solution par les politiques. Une position qui n’est pas celle du ministre qui n’est “pas sûr que ce soit une solution miracle qui permette de régler tous les problèmes”. Reste que Gabriel Attal est prêt à tenter le coup comme il l’indiquait fin juillet dans un entretien fleuve accordé à Midi Libre : “L’expérimentation est toujours utile pour faire progresser le débat, dans un sens ou dans l’autre”. D’autant que les volontaires pour expérimenter le port de l’uniforme se font entendre : le maire de Béziers, Robert Ménard, ou encore Eric Ciotti et Martine Vassal, respectivement président des Alpes-Maritimes et des Bouches-du-Rhône sont favorables à l’arrivée de l’uniformes dans leur ville ou leur département.

Robert Ménard, prêt à expérimenter l’uniforme dans les écoles de Béziers

Il n’en fallait pas plus pour que Robert Ménard se porte volontaire. Dès ce lundi 7 août, le maire de Béziers a déclaré sur les ondes de France Bleu répondre “présent à monsieur Attal” et “lev[er] la main”. Robert Ménard a toutefois assuré ne pas être “assez naïf pour penser que l’uniforme ou la blouse à l’école va tout régler”, avant de défendre : “Elle peut régler partiellement un certain nombre de questions.” Éviter la “course à la mode”, gommer les différences sociales, calmer le “narcissisme ambiant”, mais également “lutter contre le harcèlement scolaire”, tels seraient, selon le maire de Béziers, les atouts d’un retour de l’uniforme à l’école. 

Ces écoles qui imposent déjà l’uniforme

Rares sont les établissements scolaires qui imposent l’uniforme de nos jours. Parmi eux, on trouve notamment les lycées de la Défense, ex-lycées militaires, soit six établissements, selon TF1 Info : le Prytanée national militaire à La Flèche, les lycées militaires d’Aix, d’Autun et de Saint-Cyr, le lycée naval de Brest et l’École des Pupilles de l’Air et de l’Espace de Montbonnot-Saint-Martin. Les maisons d’éducation de la Légion d’honneur, établissements réservés aux seules descendantes de décorés de la Légion d’honneur, imposent également l’uniforme à leurs élèves, tout comme l’internat d’Excellence de Sourdun, en Seine-et-Marne (depuis mars 2012). 

Si en métropole le port de l’uniforme à l’école est donc plutôt rare, en outre-mer, celui-ci est beaucoup plus répandu. À noter qu’il s’agit parfois plus d’une tenue imposée que d’un véritable uniforme en Martinique, en Guyane ou en Guadeloupe. Par exemple, un t-shirt d’une certaine couleur peut être demandé. Comme le rapporte le quotidien régional L’Union, en janvier 2023, un tiers des établissements publics l’imposaient en Martinique. Selon La 1ère, en Nouvelle-Calédonie, depuis 2017, le port de l’uniforme a été généralisé dans les écoles de la province sud. Du côté de la Polynésie, sept collèges de Tahiti l’ont rendu obligatoire.

Uniforme à l’école : que dit la loi ?

Le retour de l’uniforme à l’école est un débat récurrent en France. Cependant, celui-ci n’a jamais été rendu obligatoire pour l’ensemble de l’enseignement public en France métropolitaine, rappelle TF1 Info. Si beaucoup d’enfants ont, certes, revêtu la blouse pendant leurs années d’école, le but était avant tout de limiter les tâches d’encre sur les vêtements. Une tenue qui est peu à peu devenue obsolète avec l’avènement du stylo bille, relate l’historien Claude Lelièvre, dans son livre L’école d’aujourd’hui à la lumière de l’Histoire.

Les uniformes en tant que tels étaient davantage mis en place dans le privé ou dans des établissements publics se revendiquant plus sélectifs. Dans l’enseignement secondaire en revanche, l’uniforme a été imposé par Napoléon au moment de la création des lycées, en 1802. Une obligation levée en 1914, mais certains établissements ont laissé la tradition perdurer jusqu’à, pour les plus résistants, 1968. C’est finalement la crise estudiantine qui les aurait contraints à abandonner l’uniforme une bonne fois pour toutes. 

Aujourd’hui, comme le rappelait l’ancien ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye en janvier 2023, “les établissements, en toute liberté, par une modification de leur règlement intérieur, peuvent [tout à fait] imposer, s’ils le souhaitent, une tenue scolaire”.

Uniforme à l’école : pourquoi Brigitte Macron est pour

Dans une interview accordée au Parisien et réalisée par sept lecteurs du quotidien, publiée le 12 janvier 2023, Brigitte Macron s’est déclarée favorable au port de l’uniforme à l’école. Rappelant aux panélistes son combat contre le harcèlement scolaire, elle a aussi évoqué la raison pour laquelle elle soutenait le port d’une tenue préétablie par les établissements scolaires.  

“J’ai porté l’uniforme comme élève : quinze ans de jupette bleu marine, pull bleu marine”, s’est-elle remémoré auprès du Parisien. Une expérience dont elle garde un bon souvenir. La première dame a considéré les avantages d’une uniformisation des tenues : elle n’apporterait pas de différenciation entre les élèves et fournirait un gain d’argent “par rapport aux marques”, a-t-elle soutenu. Cela serait aussi l’occasion pour les étudiants de gagner du temps car “c’est chronophage de choisir comment s’habiller le matin”. Si l’uniforme devait faire son retour dans les écoles françaises, il y aurait toutefois une condition soutenue par Brigitte Macron : il faudrait “une tenue simple et pas tristoune”. 

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