Valeurs sûres et folles aventures

Brave comme Beyries, braque comme Lisa

Ça existe encore. Le nouvel album, puis le spectacle de l’album. Des artisans et artistes de la chanson vivront ainsi la saison dangereusement… et passionnément. Encourageons-les. Le premier disque en français de Beyries sera encore tout chaud quand elle le défendra, dès la fin février, à l’Outremont. Au même endroit, qui redevient une maison de la chanson, se succéderont Elephant StoneAndréanne A. Malette et Caroline Savoie, nouveaux disques dans les bagages. Aux alentours, les Sara Dufour, Milk & BoneBasia BulatPhilippe B, GeoffroyBleu Jeans BleuElliot Maginot et Alexandre Poulin oseront également faire vivre à leurs récentes créations l’épreuve de la scène. Un peu partout en province, Philippe Brach proposera Les gens qu’on aime, Salebarbes continuera de célébrer sa sorte de Mardi gras sans fin. À Wilfrid-Pelletier le 1er mars, l’incroyable Lisa LeBlanc tentera le grand choc chiac du disco et du symphonique. Ça, c’est de la folle aventure comme on aime.

Quatre fois Cardin, zéro fois Swift

À quoi sert le Stade olympique ? D’excuse à Taylor Swift pour lever sur Montréal son nez déjà naturellement retroussé. On l’a bien constaté à Metallica l’été dernier : le Big O, pour la sono, c’est décidément zéro. Tout est bigrement mieux à Toronto, à l’ancien SkyDome que s’est arrogé la marque Rogers. Pas de béton qui s’effrite, un toit rétractable sans résistance aucune. La résidence de six soirs audit Rogers Centre de la mégavedette américano-planétaire est déjà l’événement canadien de l’année pop 2024. C’est loin, novembre, mais on l’a quand même sur la patate, ce déni d’existence. Heureusement qu’on a notre Charlotte. Pas chiche, de retour d’un séjour triomphal en Europe, c’est à la Place Bell de Laval que tous les points cardinaux convergeront pour la grandissime Charlotte Cardin. Quatre soirs, notre star planétaire à nous se produira, du 8 au 11 février, et vlan dans les gencives des Torontois : un p’tit Massey Hall de rien du tout, et puis voilà.

Satisfaction garantie, légendes fournies

Il n’y a plus de programmation qui tienne sans eux. En région, à la Place des Arts, ils occupent de plus en plus de place. Qui ça ? Les ersatz. Les faux derches assumés comme tels, capables de jouer tout Queen comme des champions, tout Pink Floyd sans les bibittes antisémites de Roger Waters. Eh ! Le public dit oui : en ces temps incertains, s’offrir « Tramp of the Century présente la tournée Breakfast in America » chante le Logical Song de la satisfaction garantie. Du refaites-me-le, il y en aura pour tous les goûts : un certain Dave La Fame en Tom Jones, The Australian Bee Gees Show, Abbamania Canada, Nirvana symphonique unplugged, sans oublier le retour du formidable The Musical Box, plus Genesis que nature, rééditant l’album Selling England by the Pound. Les promoteurs francophones s’y sont mis : on aura Les BB par Ludovick Bourgeois(oui, le fils du défunt Patrick), une incarnation de Brel par Olivier Laurent,une « vie en Piaf » par Vladimir Kornéev, un Pelchat Aznavour désormais. Vous restera-t-il des sous pour les légendes de demain ?

Revenantes et revenants

Mireille MathieuNana Mouskouri, RenaudMichel FugainEnrico Macias : nous vivrons, dans la foulée des spectacles hommages, un retour en masse des légendes encore vivantes. C’est l’occasion ou jamais, se dit-on. C’est certainement vrai pour un Daniel Auteuil, le comédien, que l’on n’a jamais vu chanter et qui sera en concert à l’Outremont les 30 avril et 1er mai. En vérité, toutes les façons de convaincre les fans d’hier et d’avant-hier sont bonnes. Le spectacle collectif Et c’est pas fini réunira « la première cohorte d’académiciens » de l’émission de télé-réalité. Bruno Pelletier soulignera le 25 de son album Miserere. Roch Voisine, lui, chantera les 35 ans de son Hélène. Luce Dufault joindra son spectacle à celui de Pour une histoire d’un soir. Lara Fabian nous dira Je t’aime (en souhaitant surtout la réciproque). Paul PichéPierre Flynn, Michel Rivard et Isabelle Boulaypoursuivront leurs tournées respectives. Les groupes Maneige et Grimskunk referont la démonstration de leur savoir-faire. Valeurs sûres, quoi. Et vaste choix. 

Grandes et petites visites

Janvier pourrait démarrer en grand au Centre Bell. Pour peu que Madonna monte sur scène à l’heure prévue. Voire les jours attendus, en l’occurrence les 18 et 20, dates reportées d’août dernier. Aerosmithau même endroit le 26 ? Non. Renvoyé aux calendes grecques. On ne peut plus se fier à nos bêtes de scène, et le remboursement chez Ticketmaster est la croix et la bannière. Le statut de mégavedette s’accompagnant de mégarisques, on verra si ça se passe bien pour Olivia Rodrigo en mars et Nicki Minaj en avril. Le fait est que les mois qui viennent, la confiance ira aux vétérans que sont les Dandy Warhols, le Kronos QuartetMachine Head, MinistryQueens of the Stone Age, Queensrÿche ou Belle & Sebastian, trop discrètement légendaires pour faire des caprices. À un Tim McGraw, chanteur country solide dans ses bottes, on confiera notre or avec plus d’assurance que des bitcoins dans le no man’s land numérique : le cowboy sera au Centre Bell le 2 mai. Ouaip.

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