Voyage: les coups de cœur de nos collaborateurs en 2023

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

D’un bout à l’autre de la province, du pays et du monde, l’équipe de collaborateurs du cahier Plaisirs a eu la chance de visiter un grand nombre de destinations en 2023 afin de vous faire voyager à travers nos pages. Sept grands voyageurs parmi eux vous font découvrir leurs coups de coeur de l’année.

Bath sous les lustres de la Régence anglaise

Il y a tout un tas de bonnes raisons de sauter dans le premier train venu en gare de Paddington, à Londres, pour prendre la direction de Bath et laisser la bouillonnante capitale britannique derrière soi, le temps de faire un saut dans le passé au coeur de la campagne vallonnée du Somerset. Pour batma part, je me suis retrouvé à suivre les membres de la noble famille Featherington, dans le cadre d’une visite sur le plateau de tournage de la troisième saison de La chronique des Bridgerton. Depuis le lancement fin 2020 de la série produite par Shonda Rhimes, Bath et ses demeures géorgiennes soigneusement alignées sont souvent apparues à l’écran. En posant les premières pierres de joyaux architecturaux tels que le Circus et le Royal Crescent, les architectes John Wood, père et fils, ont fait de la station thermale fondée par les Romains un lieu de villégiature pour les hauts représentants de la Couronne au temps de la Régence anglaise… et un décor de choix pour l’adaptation sérielle des romans de Julia Quinn. Au-delà des potins mondains et des romances en costumes d’époque, on ne peut que se laisser séduire par l’élégance tout aristocratique de la coquette cité classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sous ses rues pavées et ses grands chandeliers, Bath dissimule bien des atouts. À commencer par des sources naturelles d’eau chaude qui ont fait sa réputation bien avant l’arrivée en ville des lady Danbury, Simon Basset et autres ducs et duchesses de Netflix. 

Malik Cocherel

Bonheur pour les uns, autonomie pour les hôtes

Un peuple autochtone qui réussit à arracher à un gouvernement un statut autonome pour un territoire s’avérant l’un des plus enchanteurs du pays, ça me parlait drôlement, en mars dernier, alors que, cantonnée à Panama City, je cherchais une destination pas trop lointaine où séjourner quatre jours. Au nombre de 85 000, les Gunas constituent le deuxième peuple autochtone en importance du Panama. Ils vivent dans plusieurs provinces et trois comarcas (réserves), dont Guna Yala, ou les îles San Blas si on tient à utiliser le nom que le colonisateur espagnol donna à l’archipel. Territoire souverain depuis la fameuse révolte de 1925, il compte quelque 365 îles, certaines habitées par les Autochtones, d’autres par eux exploitées à des fins touristiques. Isla Pelicano a notamment accueilli Tokyo et Rio, personnages clés de la série La casa de papel, saison 3.) Le plan ? Me faire cueillir à mon hôtel aux aurores par un pur inconnu ; lui verser le solde de mon forfait, quelques centaines de dollars américains, en cours de route ; mettre trois heures pour franchir… 115 kilomètres jusqu’au port d’embarquement (la route « autonome » étant souverainement mauvaise), et tout ça pourquoi ? Pour séjourner dans une minuscule cabane sans eau ni électricité, mais érigée en bordure d’une mer des Caraïbes d’un bleu vert encore inconnu de Pantone. Pour écouter mon hôte guna, Tony Irsagi, appeler le dauphin ; regarder sa cousine broder des molas (plastrons) traditionnels ; zyeuter les fonds marins en apnée ; aller écornifler dans l’île voisine ; rêvasser dans un hamac ; manger du poisson pêché là, là ; VIVRE !

@yalayalatours

Carolyne Parent

Retour en terre inuite

Le Grand Nord m’a toujours attrapée par le coeur. La première fois que j’ai eu la chance de survoler la toundra du Nunavik, j’ai gardé la face collée sur le hublot du bimoteur, qui avait décollé un peu plus tôt de Kuujjuaq, durant tout le vol. Je me rendais à Kangiqsujuaq, au bord de la baie d’Hudson, l’une des plus belles communautés du Nunavik, aux portes du parc national des Pingualuit. Cette année-là, le Twin Otter que je devais prendre pour survoler l’oeil du Québec — et que je n’ai finalement pas pris — n’a jamais atterri et s’est perdu dans les brumes glaciales au-dessus du « cratère du Nouveau-Québec ». Après cela, j’ai gardé avec ce territoire nordique un lien puissant, presque spirituel. Après plusieurs expéditions en terre inuite, j’y ai fait un retour cette année en me rendant dans le campement inuit de Nunawild, au bord du lac Wolf, après un vol en Twin Otter d’un peu plus d’une heure à partir de Kuujjuaq. En compagnie de plusieurs représentants d’organismes d’écotourisme, impliqués dans l’Incubateur-accélérateur nordique, j’ai de nouveau foulé la flore arctique de la toundra — mousse à caribou, baies de corbo, chicoutais —, dans le sillage d’Allen Gordon, entrepreneur en tourisme et figure du développement local. Son campement attire les amoureux du Grand Nord, qui viennent y travailler ou y passer une retraite en totale connexion avec la nature. Il y a toujours une histoire de caribou ou de boeuf musqué qu’Allen et ses collègues racontent au coin du feu, petit point incandescent perdu dans l’immensité de cet envoûtant territoire.

Nathalie Shneider

De la France à Lizard Island, en passant par le Bas-Saint-Laurent

Choisir un seul coup de coeur ? Impossible. Si mon plus récent est sans contredit la Maison Gainsbourg, à Paris, où l’on pénètre dans la demeure restée intacte de l’artiste accompagné de la voix de sa fille, Charlotte — je n’en suis pas encore tout à fait remise —, je suis aussi tombée sous le charme de Lizard Island, sur la Grande Barrière de corail en Australie ; de la visite akara nipaluna / Walking Hobart de Blak Led Tours en Tasmanie, élaborée par une jeune Autochtone palawa et warlpiri ; d’Hydra, l’île où Leonard Cohen a vécu une partie de sa vie ; et du quartier Exarcheia, à Athènes, pour son esprit libre et engagé. Moi qui honnissais les croisières il n’y a pas si longtemps, j’ai aussi trouvé une formule qui correspond mieux à mes valeurs et à mes intérêts : les croisières d’Expédition du Ponant, pour le respect de l’environnement, l’érudition des guides naturalistes, la qualité du service, le confort et le choix des escales, souvent méconnues. Au Québec, le festival Musique du bout du monde, en Gaspésie, et le Vieux Loup de mer, dans le Bas-Saint-Laurent, où l’on récupère depuis 20 ans des maisons patrimoniales pour les reconstruire sur place, m’ont rappelé à quel point le Québec est riche, diversifié et novateur. J’ajoute la France, toute la France, que je ne me lasserai jamais d’explorer, tout comme la Colombie-Britannique. 

Marie-Julie Gagnon

Escapade bordelaise au fil de l’eau

Parmi les plus beaux coins de la France, Bordeaux et son mythique vignoble resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Pour l’histoire du lieu, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ses vins iconiques, la revitalisation de ses quartiers anciens ainsi que l’addition de musées d’avant-garde, comme la Cité du vin (le plus impressionnant du genre), la capitale de la Nouvelle-Aquitaine mérite dignement son titre d’« European Best Destination » attribué par le New York Times et le Lonely Planet. L’expérience en est toutefois enrichie lorsqu’on choisit d’explorer ses splendeurs en croisière fluviale, à bord de l’élégant bateau MS Cyrano de Bergerac de la flotte de CroisiEurope. Un voyage qui commence à bord, puisqu’on a déjà un avant-goût de l’hospitalité à la française, qui fait partie de l’ADN de l’entreprise navale avec sa gastronomie locale et ses traditions culturelles. Cette aventure fluviale nous permet ainsi de remonter le temps, alors qu’on navigue tranquillement sur l’estuaire de la Gironde pour découvrir un des plus vieux et prestigieux vignobles de France. Tout au long de cette croisière, nous sommes abreuvés d’explications données par des guides chevronnés qui en racontent l’histoire. Attendez-vous à des visites iconiques et à des arrêts dans les plus grandes maisons de vin, à Saint-Émilion comme à Médoc, pour en déguster les crus et s’émerveiller du patrimoine. Petit conseil : profitez de votre visite à Bordeaux pour faire un petit tour du côté de la ville de Cognac, située à une heure et demie à peine en auto ou en autocar de la capitale de l’Aquitaine. Vous approfondirez ainsi vos connaissances en matière d’eau-de-vie de vin, tout en découvrant les secrets des plus anciennes maisons de Cognac ainsi que le lien qui unit les deux villes et leur développement à travers l’histoire.

Marie-Claude Di Lillo

Des îles Féroé à la « perle des Alpes »

Avec leurs fjords grandioses, leurs dantesques murailles de basalte, leurs sommets glabres et leurs chutes vertigineuses, les îles Féroé semblent nées des amours improbables entre l’Islande, la Norvège et les îles Hébrides. Quintessentiel archipel de 18 îles et îlots, ce territoire autonome du Danemark compte plus de moutons que d’habitants et donne lieu à de sublimissimes randonnées accessibles sur des sentiers toujours panoramiques, entre un hameau viking aux toitures de pelouse, un village aux maisons de poupée et la ravissante microcapitale, Torshavn. Le tout est magnifié sans relâche par une lumière boréale insensée, qui donne l’impression d’avoir rejoint une sorte de valhalla scénique… mais en se sentant plus vivant que jamais, sur Terre.

Autre coup de coeur pour un lieu méconnu des étrangers, mais bien connu des skieurs suisses. Saas-Fee vit un peu dans l’ombre de Zermatt, la mégastar du ski qui trône dans la vallée voisine. Pourtant, « la perle des Alpes » mérite vraiment plusieurs virages dans sa direction : son admirable domaine skiable d’altitude (3500 m) jouit d’un exceptionnel enneigement naturel, d’un ensoleillement sur 80 % de l’année et d’un entourage de 18 sommets de 4000 m. Il est aussi lové au coeur de glaciers et de séracs que l’on côtoie à chaque descente, après avoir emprunté le métro alpin le plus élevé du monde. Avant une nuitée au splendide hôtel Walliserhof, se balader dans le village piétonnier au charme d’antan est un régal de tous les instants, entre façades pittoresques, guinguettes animées et vieux mazots de bois, ces anciens entrepôts à grains surélevés sur pilotis — comme s’ils voulaient être à la hauteur de Saas-Fee, un village de ski qui l’est vraiment. 

Gary Lawrence

Revoir Miami, différemment

Ma destination coup de coeur de 2023 aurait pu être l’Ouest canadien, Dubaï, Tokyo ou Okinawa, parce que cette dernière année fut celle des décalages horaires et des longs vols. Cela dit, la destination qui occupe la plus belle place dans mon carnet de voyages des douze derniers mois est Miami. Une destination que j’ai pourtant visitée à plusieurs reprises, mais qui m’a émerveillé plus que toutes les autres cette fois. Ce voyage éclair juste avant la rentrée des classes était le premier voyage en famille, parents et enfants, cinq voyageurs et trois petits baptêmes de l’air, une chasse aux alligators et des jus fraîchement pressés, un cerf-volant et les Everglades. Voyager avec des enfants fait voir les choses différemment, ajoute de la couleur et de la magie, même pour une destination qu’on a l’impression de connaître par coeur.

Charles-Édouard Carrier

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Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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