War Hospital – Test de War Hospital – La gestion dans le vie dans le chaos de la guerre des bouchers

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De temps en temps émergent des jeux très traditionnels dans leurs mécaniques et leur gameplay. Ils ne cherchent pas à révolutionner un genre, mais plutôt à prendre ce qui fonctionne et l’appliquer. Cependant, il est essentiel de se démarquer des autres. Brave Lamb Studio a relevé le défi de choisir un thème original, saisissant et difficile pour son jeu : celui d’un hôpital de guerre pendant la Première Guerre mondiale, la guerre sanglante, celle des bouchers, celle que l’histoire retient comme étant la première guerre mondiale.

Dans ce jeu, nous incarnons un Anglais dont la vie a été brisée par la mort de son fils pendant la guerre. Médecin, il décide d’accepter un poste de directeur d’hôpital sur le front de la guerre, en France, pour aider les jeunes hommes à survivre durant cette horrible période de drame. Les développeurs ont travaillé avec l’Imperial War Museum de Londres pour être le plus réaliste possible et bien retranscrire la vie d’un hôpital de guerre, proche du front de combat.

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Historiquement, ces zones sont plus ou moins protégées. Des accords entre les différentes factions font que ce sont des zones que les militaires ne doivent pas violer, que les ennemis ne peuvent normalement pas attaquer. Évidemment, cela reste très dangereux et, étant proche du front, l’afflux de blessés est continu. Bref, un cadre compliqué pour un nouveau directeur d’hôpital.

On nous explique très vite que le rôle d’un directeur, c’est de faire des choix difficiles. En effet, les blessés arrivent en grand nombre de manière continue. Parmi ces choix difficiles, vous devez décider qui va (peut-être) vivre et qui va (sûrement) mourir. De plus, étant sur le front, les ravitaillements sont très aléatoires et on doit souvent penser à s’en sortir par ses propres moyens.

On a un nombre très limité de personnel dans le jeu et trop de postes à remplir pour être efficace. Tout d’abord, les médecins. Au début, nous n’avons de disponible que le chirurgien. Il tente de soigner les blessés au combat, de les rafistoler comme il peut. Un peu plus tard, on a aussi un psychologue qui aide les patients traumatisés et puis les médecins chimistes qui gèrent les soucis chimiques comme les patients qui ont été exposés au gaz sarin, l’une des horreurs de cette terrible guerre.

Ensuite, nous avons les infirmières, qui soulagent les patients et secondent les médecins, selon l’attribution qu’on leur donne. Viennent ensuite les brancardiers, ces hommes qui déplacent les blessés non seulement entre les bâtiments, mais qui vont aussi les chercher dans les tranchées pour les rapatrier à l’hôpital. Dans leurs attributions, ils doivent aussi enterrer les morts, probablement le travail le plus éreintant physiquement.

Et, non moins importants, les ingénieurs. Ce sont eux qui construisent vos nouvelles ailes, recherchent vos nouveaux développements, produisent votre nourriture, vos médicaments (3 sortes), entretiennent, etc. Bref, ils doivent tout faire et on n’en a clairement pas assez.

Ce manque de personnel est clairement synonyme de l’état d’urgence dans lequel se trouve un hôpital de front, car vos hommes, aussi vaillants soient-ils, doivent aussi se reposer. Il faudra donc jongler avec leur travail selon vos besoins les plus importants du moment.

Pour finir, vous avez aussi des éclaireurs, qui constituent une mécanique de gameplay un peu annexe qui apporte un petit côté narratif au jeu supplémentaire avec des événements qui peuvent survenir dans la région qui entoure l’hôpital.

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Je parlais plus tôt des choix difficiles que vous faites en tant que directeur. L’afflux constant de blessés se fait par le biais de fiches qui arrivent sur votre bureau. Vous attribuez vos patients à vos médecins dans l’ordre que vous voulez. Sur ces fiches, vous avez diverses indications qui expliquent de quoi le patient souffre, la difficulté de l’opération, indiquant par extension la fatigue que vous imposez à votre médecin pour effectuer l’opération, mais aussi les chances de survie ou de récupération du blessé. On y trouve également un petit historique pour chaque patient, son âge et son expérience sur le front. Souvent, des patients que vous avez soignés préalablement reviendront dans votre hôpital.

Ainsi, vous devez attribuer ces patients à vos médecins ou les placer dans la boîte “ne rien faire”, ce qui condamne le patient à une mort plus ou moins lente.

Parfois, vous êtes sollicité par l’un de vos collaborateurs ou par le Quartier Général, sollicitations qui peuvent vous contraindre à donner la priorité à un “VIP”. Céderez-vous à ces demandes, voire à ces menaces, ou resterez-vous fidèle à l’égalité des chances pour la survie de vos patients ? Ces dilemmes font également partie intégrante des choix auxquels vous devez faire face, car, une fois de plus, trahir sa conscience peut offrir des avantages non négligeables à long terme.

Après avoir planifié cet agenda, vous devez maintenant prendre des décisions concernant le rétablissement de vos patients. Ceux qui ont été soignés sont placés dans le centre de rééducation. À ce stade, d’autres choix s’imposent à vous. Vous disposez de trois options pour les patients récupérés : les renvoyer sur le front, les renvoyer au Quartier Général ou… les libérer de leur service.

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Le premier choix est un minimum obligatoire, car votre hôpital est associé à la ligne de front. Les Allemands lancent des offensives régulières et il est impératif d’avoir suffisamment d’hommes valides dans les tranchées pour les repousser. En cas d’échec, la partie est perdue. Ces offensives sont visibles sur une ligne du temps qui progresse au fur et à mesure de la partie, le Quartier Général partageant régulièrement ses informations.

Le deuxième choix, renvoyer des hommes au Quartier Général, vous permet de gagner des lettres, la monnaie d’échange pour commander des ravitaillements ou effectuer des recherches.

Le troisième choix, libérer le patient du service actif, augmente le moral de votre hôpital et de son personnel. Un moral élevé accroît l’efficacité du personnel, ce qui augmente les chances de survie des patients.

Un autre rôle vital que vous devez assumer en tant que directeur est la gestion des ressources. Chaque patient demande une quantité de ressources (médicaments ou autres), votre personnel doit se nourrir et vous avez besoin de lettres pour développer vos recherches ou commander des besoins vitaux. Cette tâche cruciale est également très complexe : si vous affectez vos ingénieurs à la production, ils ne pourront pas faire évoluer votre hôpital. En revanche, si vous les orientez vers la recherche, vous risquez rapidement de manquer de ressources et devrez commander celles-ci auprès du Quartier Général, nécessitant également des lettres. En résumé, c’est un cercle vicieux.

De plus, vous devez décider de la quantité de ressources que vous mettez à disposition de votre personnel. Par exemple, la quantité de rations influe sur le moral de votre hôpital. Vous l’aurez compris : tout dans ce jeu repose sur des décisions difficiles. Il n’y a pas de bonne solution. Quels que soient vos choix, ils répondront probablement à vos besoins, mais s’accompagneront toujours d’autres problèmes qu’il faudra également gérer.

Pour ajouter une couche supplémentaire de difficulté, des événements aléatoires peuvent survenir. Par exemple, un bombardement qui tombe un peu trop près de votre hôpital, détruisant les voies du chemin de fer par lequel vous êtes ravitaillé. Malgré l’interdiction de telles manœuvres, ces accidents surviennent et vous devrez composer avec les problèmes qu’ils entraînent.

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Il n’y a clairement pas de temps pour s’ennuyer dans ce jeu. Cependant, je le trouve très (trop) difficile d’accès pour des néophytes du genre. Par exemple, bien que le tutoriel explique de manière assez claire les différentes mécaniques du jeu, il le fait de manière très succincte. Les recherches, vitales pour le succès ou l’échec de la mission, ne sont évoquées que de manière anecdotique dans le didacticiel.

Le thème choisi est également très lourd et ne plaira certainement pas à tout le monde. Son caractère très dur (mais réaliste) pourrait constituer un frein à la décision de jouer à ce jeu. De plus, il aurait mérité un coup de polish avant sa sortie définitive, car des bugs subsistent (affichage, animation, etc.). Cependant, au moment où j’écris ce test, certains ont déjà été corrigés, bien qu’ils m’aient frustré durant les premières sessions.

War Hospital est néanmoins un bon jeu de gestion, classique mais efficace. Je ne dirais pas qu’il faut s’y aventurer les yeux fermés, mais en connaissance de cause.

– Jeu testé par Seiei avec un code fourni par l’éditeur.

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