XDefiant : crunch, environnement de travail toxique et retards en série – Actu

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Il y a des choses immuables dans la vie. La course de la Terre autour du soleil, le cycle de l’eau, les conditions de travail chez Ubisoft. XDefiant a beau avoir eu une phase de test publique et des retours assez positifs, le FPS ne semble pas décidé à pointer le bout de son nez et se voit sans cesse repoussé. Le producteur exécutif Mark Rubin a expliqué que le jeu rencontre des « difficultés techniques majeures », mais selon une enquête de Tom Henderson pour Insider Gaming, ça ne serait pas la seule cause des problèmes de production rencontrés. Le plus triste dans tout cela, c’est que l’histoire est étrangement familière.

Il existe au sein de l’équipe de développement basée à San Francisco un « Boys Club » qui, s’il ne comprenait que quelques personnes au début de la production, s’est agrandi à une dizaine de personnes à l’origine des manquements au calendrier, du crunch et des comportements toxiques. Son évolution concorderait avec le moment où la décision a été prise de ne plus associer XDefiant à la marque Tom Clancy, donnant au groupe l’occasion d’apposer leurs changements et leurs envies sans les contraintes et obligations attachées à la licence, entraînant des problèmes internes, du crunch et des retards à répétition. Des changements jugés peu judicieux par le reste de l’équipe, qui était forcée de les incorporer sous la pression.

Ubisoft récidive sur XDefiant

Le plus effrayant dans tout cela, c’est qu’on retrouve exactement les mêmes structures qu’avec l’enquête de Libération sur l’équipe éditioriale d’Ubisoft Paris il y a quelques années. Des managers qui se protègent entre eux, qui ne sont pas inquiétés par les nombreux rapports faits aux ressources humaines à leur encontre, pour des comportements sexistes, racistes et autres joyeusetés. Pire encore, l’existence de ce groupe serait connue en dehors d’Ubisoft San Francisco et d’autres auraient connaissance de ce qu’il s’y passe. Une ambiance de travail si toxique que les témoignages recueillis par Tom Henderson parlent de personnes qui se retrouvaient à pleurer ou en dépression nerveuse en plein open space.

Suite à la publication de l’enquête d’Insider Gaming, une ancienne membre de l’équipe ayant quitté le studio en 2017 a donné son témoignage en public. Lisette Titre-Montgomery était appelée en public « stupid bitch » et elle a vu écrit le mot « nèXXe » sur le tableau de la salle de réunion à laquelle elle participait. Un infime aperçu très concret du quotidien d’Ubisoft San Francisco. Plus de trois ans après les promesses de changement annoncées par la direction d’Ubisoft, les mêmes problèmes systémiques réapparaissent.

Et XDefiant dans tout ça ?

Le jeu accuserait un retard de deux ans à cause de changements inopinés et constants demandés par les managers. Tout conseils ou propositions n’émanant pas d’un membre du club serait automatiquement ignoré. Malgré les démentis publics du producteur, plusieurs personnes en interne affirment que des ajouts sont incorporés régulièrement en fonction de ce que fait Call of Duty. Les témoignages parlent de demandes des managers qui, une fois présentées selon leurs directives, ne convenaient déjà plus car une nouvelle idée était arrivée entretemps, forçant les équipes à tout retravailler à nouveau. Ces demandes changeantes peuvent durer pendant des mois, sans savoir si le résultat serait finalement inclus dans le jeu ou tout simplement abandonné.

Ces changements à répétition ont mené les équipes dans une impasse technique concernant le netcode du jeu. Les ajouts intempestifs ont fait que XDefiant ne parvient pas à satisfaire l’objectif d’avoir 100 joueurs par serveurs et les différentes phases de playtest fermées ne suffisent pas à régler les soucis rencontrés. Si Ubisoft espère toujours en faire un succès avec un modèle free to play et les retours très positifs que le jeu avait obtenus, des membres de l’équipe pensent que le contenu additionnel et le battle pass censés accompagné la sortie seront fatalement en retard à cause des autres soucis de production.

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