Y aura-t-il bientôt un véritable traitement contre le diabète ?

Des chercheurs ont récemment fait une découverte qui pourrait représenter un grand pas en avant dans la prise en charge du diabète de type 1. Ils ont réussi à reprogrammer des cellules pancréatiques pour qu’elles se mettent à produire la fameuse insuline. À terme, ces travaux pourraient déboucher sur de nouveaux traitements susceptibles de simplifier la vie des personnes diabétiques.

Le cœur du problème réside dans le pancréas, et plus précisément dans ce qu’on appelle les cellules β. En règle générale, ce sont elles qui se chargent de produire et de sécréter l’insuline, une hormone vitale qui permet de réguler le taux de glucose dans le sang. Mais chez certains patients, elles ne peuvent pas travailler correctement. En effet, le diabète de type 1 est une maladie auto-immune qui pousse l’organisme à mobiliser son arsenal immunitaire pour détruire ces cellules, comme s’il s’agissait d’un agent pathogène.

Les personnes concernées sont donc forcées de s’injecter régulièrement des doses d’insuline tout au long de leur vie pour réguler leur taux de glucose, sous peine de risquer un tas de complications extrêmement sévères. Et malheureusement, cela ne permet de traiter que les symptômes ; ces injections ne permettent pas de réparer les cellules β.

Un traitement contre le cancer pour soigner le diabète

Cela fait donc des années que de nombreux laboratoires essaient de remonter à la source du problème pour guérir le diabète une fois pour toutes. La stratégie la plus évidente, c’est de modifier les cellules β ou leurs progéniteurs – ou plus précisément, la façon dont elles expriment leurs gènes. En théorie, cela permettrait à l’organisme puisse de relancer la production d’insuline, même chez une personne diabétique.

Les derniers travaux d’une équipe australienne repérés par New Atlas pourraient enfin permettre d’y parvenir. Ils ont commencé par récolter des cellules ductales du pancréas auprès de donneurs insulinodépendants. Leur particularité, c’est qu’elles sont capables de se différencier en cellules β sous l’influence de certains signaux chimiques.

En temps normal, cette transformation est partiellement inhibée par une enzyme appelée EZH2. Cela permet d’éviter que les cellules β deviennent trop nombreuses dans le pancréas. Les chercheurs ont donc eu l’idée de s’attaquer à EZH2 pour lever ce frein à la croissance des cellules qui produisent de l’insuline.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe déjà des substances qui permettent d’y parvenir. En effet, EZH2 peut aussi favoriser l’apparition de certains cancers rares lorsqu’elle est défaillante. D’autres laboratoires ont donc déjà développé des médicaments spécialement conçus pour inhiber son activité.

Les chercheurs australiens ont donc utilisé deux de ces inhibiteurs, commercialisés sous les noms GSK126 et Tazemetostat. Ils ont eu pour effet de réduire l’enzyme EZH2 au silence. Cela a influencé l’expression des gènes qui participent à la production de l’insuline. En d’autres termes, les cellules ductales ont été reprogrammées ; elles ont changé d’identité jusqu’à devenir suffisamment proches des cellules β pour produire la précieuse hormone.

Des résultats préliminaires très prometteurs

Après 48 heures de traitement, les résultats se sont avérés assez spectaculaires. Une fois exposées à une forte concentration de glucose, toutes ces cellules reprogrammées se sont mises à produire et à sécréter de l’insuline, exactement comme les cellules β d’une personne non diabétique.

En outre, puisque ces cellules ductales transformées ne sont pas tout à fait de vraies cellules β, elles pourraient échapper à la patrouille du système immunitaire pour produire de l’insuline sur le long terme.

Pour l’instant, il ne s’agit que d’une preuve de concept. Il va falloir mener davantage d’études sur cette technique, car jusqu’à présent, elle n’a été testée que sur les cellules de deux donneurs — un échantillon bien trop restreint pour arriver à une conclusion rigoureuse. Mais il s’agit toutefois d’un succès expérimental très prometteur.

A l’avenir, ces travaux pourraient servir de base à de vrais traitements contre le diabète. Certes, il reste beaucoup de travail avant d’en arriver là. Mais puisque les inhibiteurs d’EZH2 sont déjà disponibles sur le marché, une telle solution thérapeutique pourrait arriver relativement vite. Une perspective très encourageante pour les millions de personnes forcées de surveiller attentivement leur taux de glucose et de s’injecter de l’insuline quotidiennement.

Le texte de l’étude est disponible ici.

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