Yaël Braun-Pivet veut freiner Attal sur la baisse de la durée d’indemnisation

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C’est une voix forte de la majorité présidentielle mais elle ne va pas dans le sens de l’exécutif. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a exprimé des réserves mardi sur France Info sur la réduction de la durée d’indemnisation du chômage envisagée par le gouvernement pour faire des économies.

Après les réformes de 2019, 2022 et 2023 avec déjà une réduction de la durée d’indemnisation, « il n’est pas forcément de bonne méthode de réformer aussi rapidement, à nouveau, un point majeur sans qu’on ait pu regarder les effets produits par la précédente réforme », a estimé la dirigeante macroniste.

Contre le chômage, Braun-Pivet prône une action globale

« Attention à la stabilité de notre législation et de nos règles : il ne faut pas toucher des paramètres aussi importants aussi rapidement sans avoir évalué la réforme précédente », a insisté Yaël Braun-Pivet, qui se place volontiers à gauche de la politique menée par le gouvernement de Gabriel Attal.

« Travailler sur le chômage, c’est beaucoup plus global que simplement se dire qu’en réduisant la durée d’indemnisation, on va remettre les gens sur le marché de l’emploi », a-t-elle tancé, évoquant une « situation malheureusement beaucoup plus complexe ».

Celle qui a été élue au perchoir en 2022, contre l’avis d’Emmanuel Macron, a par ailleurs renouvelé sa demande d’une « taxe exceptionnelle » via une augmentation des taxes sur les superprofits ou sur les super-dividendes, pour dégager des recettes supplémentaires alors que le déficit public a atteint 5,5 % en 2023, un record. « Si l’effort n’est pas partagé, je ne suis pas à l’aise parce qu’on ne peut pas demander aux personnes qui sont sans activité, en recherche d’emploi, d’avoir leur durée d’indemnisation réduite si de l’autre côté, on n’a pas cette justice qui fait qu’on regarde la taxation de ceux qui ont le plus bénéficié d’une situation particulière », a-t-elle résumé.

Le gouvernement peut faire sans le Parlement

La présidente de l’Assemblée nationale a aussi souligné que, si le gouvernement envisageait d’aller au-delà des 10 milliards d’euros d’économies décidées pour 2024, il serait tenu de passer par le Parlement avec un projet de budget rectificatif. « Si les réductions de dépenses devaient être plus importantes, il faudrait évidemment qu’il y ait un texte de loi qui nous soit présenté », a-t-elle dit.

Le Premier ministre avait annoncé la semaine dernière sa volonté de réformer à nouveau l’assurance chômage en réduisant de « plusieurs mois » la durée d’indemnisation des chômeurs, actuellement de 18 mois pour les moins de 53 ans, sans aller au-dessous de 12 mois. Pour une telle réforme sur les paramètres de l’assurance chômage, le gouvernement n’a cependant pas besoin de passer par le Parlement. Il doit saisir les partenaires sociaux d’une négociation, via « une lettre de cadrage », et en cas d’échec de la négociation, il peut reprendre la main par décret.

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